Le Massacre du 26 Mars 1962 rue d' Isly
les tirailleurs du 4ème R.T.A.
Comment les acteurs de ce massacre se sont-ils retrouvés rue d’Isly !
La note 905 du 17 mars 1962 au CAA.
- Cette note 905 a disparue,
- Mais trois officiers supérieurs l’ont vu et lu.
- Le Colonel Vuillermet, rédige la Note 905,
qui est ensuite signée par le Général Ailleret, en présence du Général Hublot,
et du Général Lespinay de l’Armée de l’Air.
Elle interdisait l’emploi des tirailleurs, dans le maintient de l’ordre,
contrairement à ce que dit le Général Cavard.
Elle est envoyée le 17 Mars 1962, au CAA d’Alger.
Les manifestants fuyant les balles des tirailleurs du 4ème R.T.
Le général Goubard,
- quand il a eu connaissance de la note du général Cavard, adressée à Francine Dessaigne
auteur du livre, un crime sans assassin, à réagi.
« Si le premier point de la note concernant le regroupement des tirailleurs à Paul Cazelles
était du ressort du Commandant Supérieurs, les points sur les restrictions à l'emploi
des tirailleurs concernaient le maintient de l'ordre,
donc était du ressort du général Capodanno »
L’absence aux archives de la note 905 empêche d’être formel :
- Mais trois généraux,
ayant joué un rôle important le 26 mars 1962, l’affirment avec beaucoup d’énergie.
- Elle se rapportait au maintient de l’ordre
- Elle imposait des restrictions à l’emploi des tirailleurs.
- S’ils disent vrai,
pourquoi et comment ces restrictions n’ont-elles pas été appliquées par les échelons d’exécution ?
Car, le lundi 26 mars 1962, les tirailleurs du 4ème R.T se trouvaient bien rue d’Isly.
Pour répondre à cette question,
- Il faut reconstituer les circuits de commandement qui existaient à l’époque au sein
de l’organisation militaire.
Le préfet de police, Vitalis-Cros.
- Il avait sous son autorité des moyens militaires importants, la personne responsable des forces
du maintient de l’ordre sous son autorité était le général Capodanno.
- Le général Ailleret et son état-major échappaient à l’autorité de Vitalis-Cros et
dépendaient du Délégué Général Christian Fouchet.
M. Vitalis-Cros précise :
« Le général Capodanno était mon assistant militaire, le colonel Fournier était son adjoint.
C’est le colonel Fournier qui était sur les lieux,
il était l’agent de liaison du général Capodanno, Il avait le commandement sur le terrain.
Il a été la cheville ouvrière du 26 mars 1962, Il était sur le terrain tout le temps.
C’est un grand ami, Il est devenu Général !!!!! »
Le 26 mars 1962, Alger était quadrillé par un important dispositif de CRS et de Gendarmes.
Sauf, au plateau des Glières.
Dans la revue Historia, n° 361 du 3 Décembre 1973, le préfet Vitalis-Cros écrivait :
« A partir de 13h45, il se confirma que la manifestation risquait d'être gigantesque,
les hélicoptères commençaient à signaler les attroupements : tout Alger était dans la rue.
Tout était prêt et les barrages étaient en place à 14 heures.
Les attroupements commençaient à devenir compacts, les hélicoptères furent rapidement mis en action,
par le jet de grenades lacrymogènes aux alentours du square Bresson pour disperser la foule.
Pendant ce temps, le barrage du début de la rue d'Isly céda sous la pression de la foule,
une compagnie de tirailleurs fut envoyée en renfort par la rampe Bugeaud, vers la rue d'Isly,
les hélicoptères lancèrent des grenades lacrymogènes sur la place de la Poste.
Puis à 14h30, des tirs furent signalés, On tirait des fenêtres de la rue d'Isly, de la rue Alfred-Lelluch,
de l'avenue Pasteur, de la rue Berthezene, des abords du Gouvernement Général, du carrefour de l'Agha,
enfin, rampe Bugeaud, on tire dans le dos des soldats du 4ème R.T, Trois soldats français tombèrent !! »
Le 26 mars 1962, Le gouvernement Général.
Le préfet d'Alger, - énumère une litanie de FM OAS, qui tiraient sur l’armée française, les CRS, et les gardes-mobiles,
on était bien au-delà des 14 FM, cités par Yves Courriére.
- Le préfet termine sont récit par le paragraphe suivant :
« Le colonel Goubard, qui était tout prés du point chaud, était arrivé très vite.
Il nous raconta avec calme ce que nous savions en partie déjà !!!!!! »
Dans son livre, Un crime sans assassin,
Francine Dessaigne, auteur du livre, pose à Vitalis-Cros les questions suivante :
- M. Vitalis-Cros aviez-vous la possibilité d’influer sur les décisions prises par le général Capodanno ?
- Oui, plus ou moins,
nous nous voyions tous les jours à 17h, lors de la réunion sur le maintient de l’ordre.
- La décision de mise en place des tirailleurs fut-elle prise au cours d’une de ces réunions ?
- Je ne me souviens pas, mais c’est possible.
Les tirailleurs du 4ème R.T.
- Saviez-vous, que le Général Ailleret avait envoyé,
une note au CAA indiquant que les tirailleurs ne devaient pas être employé en ville ?
- Apres la fusillade, il y a eu une enquête de la gendarmerie auprès des tirailleurs.
- Oui, je le sais.
Elle n’a pas suivi la voie hiérarchique.
- Les habitants du quartier
n’ont pas été interrogés et aucun des prétendus tireurs n’a été arrêtés, comment expliquez-vous cela ?
- Vous savez, le climat était tel .. c’était explosif.
Nous ne voulions pas d’incidents.
- L’instruction Ministérielle précisait
que le feu ne pouvait être déclenché qu’après les sommations d’usage ?
- Ca, c’est bon pour le cinéma.
Cela ne se passait pas du tout comme ça.
- Pour les Tirailleurs,
le général Capodanno a du dire : « en voila assez, il faut les arrêter ! »
- Le général Capodanno a pris la responsabilité de faire ouvrir le feu.
Vu le nombre de gendarmes mobiles tués les jours précédents et les militaires à Bab-el-oued.
- On n’était pas trop à cheval sur le règlement.
Les manifestants sous les balles des tirailleurs du 4ème R.T.

- Vous me demandez d’où venaient les ordres :
- sûrement du briefing de Capodanno le matin.
Il a pris cette responsabilité parce qu’il savait que j’était d’accord.
Des qu’un coup de feu était tiré,
nous étions en état de légitime défense.
La version officielle
- de cet assassinat collectif fut adressée le 30 mars à 12h 45 à Paris.
(Défense Nationale sous le n° 1100/CSFA/EMI)
- Il y est mentionné entre autres :
à aucun moment les forces de l'ordre n'ont pris l'initiative d'ouvir
le feu.
Les Militaires ont utilisé 1982 projectiles :
- 1135 cartouches de pistolet mitrailleur
- 427 cartouches de fusil
- 420 cartouches de fusil-mitrailleur
102 gradés et hommes de troupe ont fait usage de leur arme.
Le moral des Pieds-noirs fut très atteint après le 26 mars 1962
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