Barberousse

Khayr Al-Din     ou     Kheïr-ed-Din


 

    La fanfaronnade !




     
          • Arudj, posta sa modeste artillerie face au Pénon et donna l'ordre d'ouvrir le feu.

            Cette démonstration n'était qu'une fanfaronnade, elle ne fut suivie d'aucun résultat et chose inévitable,
            l'opinion de la population changea d'orientation.

             
          • Le cheikh Salim at-Tûmi, s'apercevant de son erreur voulut se débarrassé de cet envahisseur.
             
              • Mais, Arudj  le devança,
                il pénétra dans le bain où Salem se rendait l'après-midi et l’étrangla de ses propres mains.
                Puis il se fit proclamer Roi d'Alger.
                 
              • Les citadins entrèrent alors en pourparlers avec les Espagnols du Pénon et s'entendirent avec
                les Thâaleba  de la plaine pour chasser le nouveau roi.

                Arudj découvrant la conspiration arrêta les principaux chefs en pleine mosquée et les fit décapiter.
                Il enleva aux habitants de la casbah toute velléité de résistance en pratiquant de sévères exécutions.

                 
          • Ainsi, l’aîné des Barberousse avait réalisé le projet par lui caressé depuis longtemps,
            il était maître d’un royaume et disposait de trois petits ports,  Alger  Cherchell  et  Djidjeli.

    Alger   au   XVI°   siècle.

    Alger au XVI° siècle.


     
          • Les musulmans, se tournèrent alors vers les Chrétiens, pour leurs demander assistance contre le nouveau roi d’Alger.
             
              • Le fils du cheikh Salim at-Tûmi,
                réfugié d’abord à Oran, était passé en Espagne pour demander vengeance.
                 
              • Les cheikhs de Ténès et de Mostaganem
                redoublèrent d’instances auprès du Cardinal Jiménès,  régent du royaume d’Espagne.

                Même le gouverneur Espagnol d’Oran appuya la demande des musulmans.
                 
          • La garnison de la forteresse du Penon se trouvait dans un état fort critique,
            contrainte de faire apporter jusqu'à son eau d’Espagne ou des îles.



    Expédition infructueuse de Diégo de Vera


     
        Charles de Gand.
         
          • Prince des Pays-Bas espagnols depuis 1506,  qui allait être Charles I° d'Espagne,
            puis l'empereur Charles-Quint,  n'avait que seize ans lorsque la mort de son grand-père
            Ferdinand le Catholique,  lui laissa,  en Janvier 1516,  les royaumes d’Espagne et de Naples.
             
          • C'est l'archevêque de Tolède, le cardinal Francisco Jiménèz de Cisneros,
            dit cardinal Ximénès qui exerça la régence en attendant l'arrivée du nouveau roi.
             
          • Au crépuscule de sa vie qui a duré 82 ans, le cardinal Ximénès,
            qui a été fortement mêlé au mouvement général de son pays, dont il a été souvent le guide, envoya une petite flotte,
            contre Arudj sous le commandement de Diégo de Vera, qu’il avait éprouvé lors du siége d’Oran en mai 1509.


         
        Fin septembre 1516.

         
          • Une flotte de trente-cinq voiles et de près de 3.000 hommes quitta l’Espagne.
             
          • Le 30 septembre 1516,   elle aborda dans l’anse où se trouve aujourd’hui le quartier de Bab-El-oued.
             
              • Le débarquement se déroula sans problème.
                Diégo de Vera étendit ses lignes sur les pentes qui s’élèvent vers la casbah.
                 
              • Les arabes de la plaine, qui avait promis leur concours aux espagnols, se tenaient à distance.
                 
              • Quelques jours se passèrent en escarmouches sans importance.

                Puis, le vent ayant changé, la flotte espagnole se trouva fort exposée dans cette rade ouverte.
                Le général ne voulant prendre aucun risque, ordonna la retraite.
                 
              • C’est le moment que choisit Arudj,
                aussitôt il sort de la casbah à la tête de ses troupes et charge les Espagnols qui fuient en désordre et
                se voient attaqués de l’autre côté par les Arabes qui devaient rester neutres.
                 
              • Le désastre fut aussi rapide que complet.
                 
                  • 1.500 prisonniers,
                  • quelques dizaines de tués.

                Voilà le bilan de cette expédition, que la tempête acheva en coulant plus de la moitié des vaisseaux.

                 
          • Ainsi, la ville devient une redoutable base de corsaires, qui allait résister pendant plus de trois siècles.


      Le   Cardinal   Francisco   Jiménèz   de   Cisneros.
      Visite de la construction de l'hopital de la charité à Toléde.

      Toléde visite du Cardinal Ximénèz.


       
          • Cependant, la position des Barberousse demeure vulnérable  :
             
              • à deux cents mètres du rivage,
                la forteresse qui défend les abords d'Alger est encore aux mains des Espagnols,
                 
              • ainsi que la ville de Ténès, située dans ses environs immédiats et la principauté de Tlemcen
                beaucoup plus loin, servent à approvisionner la garnison espagnole d'Oran.


             
          • Mais, tout réussi à Arudj Barberousse,  après la déroute des Espagnols,
            la victime suivante sera le cheikh de Ténès, dont on connaît les relations avec les espagnols.
             
              • Laissant son nouveau royaume au main de son frère Khayr al-din,
                il avance en maître à travers la Mitidja,  culbutant les Zenètes, il entre à Ténès,
                pendant que le cheikh se réfugie dans le sud.


             
          • Ces succès vertigineux,
            étaient bien faits pour griser un homme tel qu’Arudj, son audace et son ambition allaient causer sa perte.


    Ténès     Rue  du  vieux  village.

    Ténès rue du vieux village.


    La prise de Tlemcen.



     
        A Tlemcen,
         
          • depuis la mort Abou-Abdallah-Mohammed,   la bataille pour la succession fait rage.
             
            • Abou-Hammoun est devenu émir,
              après avoir jeté en prison son neveu Abou-Zeyane,  frère cadet de l’émir défunt.
               
            • Les partisans d’Abou-Zeyane outrés de la complaisance du nouvel Emir pour les infidèles
              songèrent à appeler à leur secours le champion de l’Islam,   Arudj Barberousse.
               
            • Une députation prit le chemin de Ténès.
              C’était pour Arudj, une occassion d’étendre son royaume vers l’Ouest.
              Il se mit en route à la tête de 1.500 arquebusiers, des janissaires ou dans Maures andalous.
               
            • Arudj passa par la Kalâa des Beni-Rached,  village berbère, il fut bien accueilli par les habitants.
              Il laissa son frère Ishak sur place avec trois cents soldats et fonça sur Tlemcen.
               
            • L’émir Abou-Hammou
              jugea toute résistance inutile et prit la fuite,  les habitants de Tlemcen,  après avoir libéré Abou-Zeyane,
              se porta avec ce dernier à la rencontre du libérateur.


           
        • Mais trop souvent,  pour les peuples comme pour les individus,
          les jours de joie n’ont pas de lendemain,  le libérateur d'aujourd'hui allait devenir le bourreau de demain,
          profitant d’un prétexte, il fit pendre Abou Zeyane aux traverses de la galerie du palais.

          Les fils de l'émir subirent le même sort, il massacra tous les proches de cette famille pour éviter toute contestation.

           
        • Mais,  Abou-Hammoun, réfugié à Oran,  pressait le Marquis de Cosmarès d’agir contre l’envahisseur.


    Tlemcen     Le  bois  sacré  de  Sidi-Yacoub.

    Tlemcen bois sacré de Sidi-Yacoub


     
        En janvier 1518.
         
          • Le futur Charles Quint
            venait d’arriver en Espagne,  amenant avec lui de bonnes troupes,  le Marquis de Cosmarès
            alla lui présenter ses hommages et lui fit connaître la positions des places fortes espagnoles.
             
          • Il obtint le renfort de 12.000 hommes.
            Nantis de ces renforts, le marquis décida d’enlever en priorité la Kalâa des Beni-Rached.
             
          • Avec l’aide des Arabes des environs,
            Martin d’Argote,  le meilleur capitaine espagnol,  attaqua la place forte.

            Ishak, et ses yoldachs résistèrent courageusement,  ils tentèrent plusieurs sorties.
            Les affrontements furent très meurtriers.
             
          • Finalement Ishak demanda et obtint une capitulation honorable,
            mais, lors de leur sortie des remparts les Arabes présents se jetèrent sur eux.

            Une lutte s’engagea entre les Turcs et les Arabes,  les troupes Espagnoles prirent part à cette lutte
            aux cotés des Arabes,  tous les Turcs,  y compris Ishak, périrent en luttant, à dix contre un.

         
      • La nouvelle, de la chute de la Kalàa des Beni-Rached et de la mort d’Ishak arrivèrent à Tlemcen.

         
          • Arudj   demanda assistance au souverain meridine de Fes, et , sollicita son alliance.

            Mais, le marquis de Comares, avec ses meilleurs troupes,et un grand nombre d'Arabes commandés par Abou-Hammoun,
            arrivèrent sous les murs de Tlemcen, Arudj organisa la résistance.
             
          • Les espagnoles ne progressent que lentement en utilisant de la poudre pour faire sauter les positions une à une.

              C’est finalement les habitants de Tlemcen
              qui s’étant entendu avec les Espagnols mirent fin au siège en égorgeant une grande partie des turcs.

             
          • Arudj et quelques Turcs purent s’échapper de la ville.
             
            • Ils furent rattraper et tuer par les partisans de Abou-Hammoun.
               
            • La tête du premier des Barberousse fut exposée à Oran,
              sur la grande porte de l'enceinte avant d'être montrée aux tribus, son corps fut cloué au mur.

               


    Tlemcen     Le  bois  sacré  de  Sidi-Yacoub.

    Tlemcen bois sacré de Sidi-Yacoub


     
    • L' histoire avec un grand H,  dit que c’est sur la route d’Oran,  à Rio-Salado que mourut Arudj.
       
        • Certains historiens,  dont Berbrugger,
          contestent cette version,  ils pensent que Arudj a fuit vers les montagnes de Beni-Zenassen
          pour aller au devant des troupes venant de Fes.

           
        • Les historiens Espagnols, dont, Jean de Ferreras, dans leurs récits, confirment :
           
            • La mort de Ishak, frère de Barberousse, après sa reddition.
            • La fuite hors de Tlemcen, de Arudj, et, son interception en un lieu, situé à 30 lieues de Tlemcen.
              Après de rudes combats, il est tué par l'enseigne Garcié de Tinéo, puis décapité.


           
        • Dans la traduction du livre, l'Afrique, de Marmol, par Nicolas Perrot, sieur d'Ablancourt, en 1667,
          on ne donne pas de lieu, on indique que c'est bien, Martin d'Argote, qui était sur les traces de Arudj,
          et, que le dernier combat eu lieu dans les ruines d'une ancienne forteresse.

           
              « Le combat fut sanglant, le Général Espagnol acheta chèrement, la défaite du tyran, qui fut tué avec tous ses Gens. »


         
      • Quoi qu’il en soit,
        une troupe espagnole conduit par Garcia Fernandez de la Plaza était aux trousses des fuyards.


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