Barberousse
Khayr Al-Din ou Kheïr-ed-Din
Khayr al-Din Barberousse reste seul maître.
Khayr al-Din Barberousse, devient ainsi le seul souverain d'Alger.
- Mais la mort de ses deux frères, et la perte une grande partie des troupes, l’oblige à se tourner vers le sultan Selim,
c’est pour lui la seule façon de conserver Alger.
- Dans ce but, il envoie un messager à Constantinople,
celui-ci est chargé d'offrir au sultan la souveraineté sur la province d' Alger, en échange de quoi
cette province deviendrait partie intégrante de l'Empire Ottoman et lui, Khayr al-Din Barberousse,
serait nommé le
« beylerbey », c'est-à-dire le gouverneur.
Le sultan Selim, le terrible,
- alors en Egypte, où il vient de triompher des Mameluks, il s’est déjà emparé de l'Azerbaïdjan,
du Kurdistan et de la Syrie, reçoit avec satisfaction cette proposition.
- Sans hésiter, il envoie au roi d'Alger,
- un sabre,
- un cheval
- un tambour
les insignes du gouvernement d'un « sandjak », ( province turque ).
- Mais surtout,
il lui envoye 2.000 soldats armés de mousquets et autorisa l'embarquement de volontaires auxquels
il assura
les droits et privilèges dont jouissaient les janissaires de la Porte.
Cette faveur, jointe à la renommée guerrière de Barberousse, et à l'espoir du butin
qu'on pouvait faire sous leurs ordres, attira dans la Régence 4.000 Turcs armés de mousquets.
Les barbaresques aux combats.

Expédition infructueuse de Hugo de Moncade
Charles-Quint,
- le nouvel empereur du Saint Empire romain germanique,
cédant aux sollicitations du gouverneur d'Oran, donna l'ordre à Hugo de Moncade,
gouverneur de Sicile, de rassembler une escadre de 40 navires.
Il lui demande de s'emparer d'Alger, avec ses 5 000 hommes de vieilles troupes, aguerris aux batailles.
- L’escadre vint aborder au fond du golfe d’Alger, prés de l’embouchure de l’Harrach.
Le débarquement s’effectua sans trop de difficulté et après quatre jours d’escarmouches,
l’armée espagnole était sur les hauteurs d’Alger et Hugo de Moncade, installera ses batteries de canon
sur le mamelon dit Koudiat-es-Saboun, où s’éleva plus tard le Fort l’Empereur.
- La position conquise était importante,
mais au lieu de poursuivre son avantage,
Hugo de Moncade préférera suivre les conseils de ses officiers
qui lui préconisent d’attendre l’arrivée de la troupe de Abou-Hammou avant d’attaquer la Casbah.
- Mal lui en prit !
- Barberousse avec une remarquable habilité, simula l’attaque du camp de basse des espagnols, seul lien
entre les troupes terrestres et l’escadre, ce qui attira une partie des troupes espagnoles postées sur les hauteurs.
Barberousse,
à la tête de toutes ses troupes, attaqua les positions des batteries de canon, et les retourna contre les espagnols.
- Il ne restait plus à Hugo de Moncade, que de battre en retraite.
Mais comme souvent,
- dans la baie d’Alger, la tempête fut au rendez-vous, et la moitié des navires furent gravement endommagés,
et s’échouèrent dans la baie, ce qui empêcha le réembarquement de la totalité des troupes.
- Hugo de Moncade dû se résigner
à en laisser la moitié sur place, qui ne tardèrent pas à être massacré par les Yoldachs de Barberousse.
- Cette expédition, comme celle de Diego de Vera,
quelques temps plus tôt, renforcera la peur des européens vis-à-vis des Barbaresques, et il faudra attendre plusieurs années,
avant de revoir une escadre espagnole sur les côtes Nord Africaine.
Une fois maître,
- du bassin occidental de la Méditerranée,
Barberousse va repeupler Alger, avec les Maures Andalous,
qui fuient l'Espagne, il transportera, en plein jour et sans que jamais aucun vaisseau castillan,
ne se hasarde à troubler l'opération, plus de 60.000 Maures.
Une fontaine dans les environs d'Alger

Quelle est la situation en Europe !
Charles Quint
- fidèle à la politique de ses prédécesseurs, n'admet point l'installation d’une nouvelle Régence Ottomane
sur la côte africaine, surtout Si elle est gouvernée par un gaillard de la trempe de Barberousse.
- Mais Charles Quint doit faire face :
- en Espagne à deux révoltes, en 1521 et 1522,
- à sa rivalité avec François I°,
qui estime, à juste titre que les possessions de l’Empereur encercle la France.
- à l’extension de l’Empire Ottoman,
qui en septembre 1520, à la mort du Sultant Selim, porte sur le trône à l'age de vingt-six ans,
Soliman, dit le Magnifique, qui succède à son père en héritant de l'empire déjà très vaste
constitué pour une grande partie part des conquêtes.
Toutes ces raisons empêchent l’envoie d’une armada contre Barberousse.
Soliman,
- ne perd pas trop de temps, dès son avènement, le jeune sultan, prétend donner sa mesure face à ses troupes,
et au monde extérieur.
- Il fait réprimer énergiquement la révolte lancée, à l'annonce de la disparition de Selim I,
par le gouverneur de la Syrie et de la Palestine, un ancien chef mamelouk, Djanberdi al-Ghazali.
- Puis en 1521, il s'empare de la puissante forteresse de Belgrade, alors sous domination hongroise,
complétant ainsi, la mainmise ottomane sur la Serbie et ouvrant la voie à de nouvelles avancées en Europe centrale.
- En 1522, il lance une grande expédition navale et terrestre,
engageant plus de 200 navires et quelque 200.000 hommes, contre l'île de Rhodes, bastion avancé de la chrétienté,
mais, épine au talon de l'Empire ottoman, où les chevaliers de Saint-Jean, s'étaient établis après avoir été chassés de Jérusalem,
et, dont il s'empare, après un siège de cinq mois.
- En 1526, il est aux porte de la Hongrie,
cette première expédition, lancée au printemps de 1526, est marquée par la bataille de Mohács,
le 29 Août 1526, au cours de laquelle la lourde cavalerie hongroise, imprudemment engagée par son roi,
qui périt noyé dans les marais du Danube, est taillée en pièces par l'infanterie et l'artillerie ottomanes.
La bataille de Mohács en Hongrie.

Mais revenons à la Régence d’Alger.
Le succès de Barberousse
- sur Hugo de Moncade, assurait définitivement le triomphe de l’autorité turque sur la Régence d’Alger, cependant,
Barberousse devait faire face à ses ennemies intimes, les Kabyles.
- La Kabylie, en effet, était menaçante et il fallait intervenir rapidement avant que le roi de Tunis
ait eu
le temps de faire parvenir des secours au chef des insurgés, Ahmed Ben-El-Kadi.
- Barberousse envoya l’un de ses lieutenants qui pénétra à la tête de troupes choisies, dans la Kabylie.
Il battit Ben-El-Kadi, et, le chassa de ses montagnes, il le poursuivit jusqu’à Colo, dont il s’empara.
- Mais, Ben-El-Kadi s’étant réfugié à Bône, demanda de l’aide au sultan de Tunis.
- Il reçut rapidement des secours sous la forme de troupes régulières, et à leurs têtes, Il marcha sur Alger.
- Avec ses troupes aguerries,
et, l’aide de Kabyles de tous bord, Ben el Kadi défait Barberousse, et l’oblige à quitter Alger.
- Barberousse s’installe à Djidjelli, puis à Djerba, abri plus sûr que le petit port kabyle.
Il reprit la course, à laquelle il donna une grande impulsion de 1520 à 1525.
Mais, c’est mal connaître les ambitions de Barberousse,
- En 1526, il regroupe ses troupes et reprit l'offensive, occupa Collo, Bône, Constantine.
Il rentra à Alger en Maître, où il remplaça Ahmed Ben-el-Kadi, massacré par ses propres troupes.
Il rétablit son autorité dans la province.
- En 1529, Barberousse était résolu à se débarrasser des Espagnols de la forteresse du Penon.
- Le 6 mai 1529,
le beylerbey aligne plusieurs batteries face à la forteresse espagnole.
Il donne l’ordre d’ouvrir le feu, en réponse, les Espagnols firent pleuvoir sur la casbah, des boulets
qui endommagèrent maisons et
mosquées, cet échange d’artillerie dura deux semaines.
- Dès le début de l’attaque,
le marquis don Martin Vargas, gouverneur de la forteresse, avait demandé à Charles Quint de l'aide,
une petite flotte quitta l’Espagne, malheureusement, tous les pirates de l’Afrique du Nord se massèrent à hauteur
de Mostaganem, le combat naval fut si violent, que les Espagnols durent rebrousser chemin et regagner Carthagène.
- La situation au Penon devenait critique.
Sous le bombardement incessant ( jour et nuit ) des brèches s’ouvraient dans les remparts.
Les munitions, l’eau, les vivres commençaient à manquer, le choléra se déclara.
- A l’aube du 27 Mai,
Barberousse donna l’assaut final, le combat se poursuivit acharné pendant toute la journée.
En pénétrant dans le dernier réduit ibérique, les Maures furent surpris de ne trouver en face d’eux que 53 espagnols,
face à 1.300 turcs, le marquis don Martin Vargas fut fait prisonnier.
- Les restes de la forteresse furent entièrement détruit par les esclaves chrétiens,
excepté un bastion circulaire sur lequel fut construit plus tard le phare de la darse : Bordj el fanar.
- Barberousse voulait relier les l’îlots à la terre ferme,
il mit à la construction de la jetée tout ce qu’il avait d’esclaves chrétiens, et la Darse fut créée.
- Barberousse proposa au marquis don Martin Vargas,
d’embrasser la religion musulmane, en lui promettant en retour, de grands honneurs militaires, Vargas refusa.
- Quelques temps plus tard, le marquis don Martin Vargas fut soumis au supplice de la bastonnade,
son corps fut traîné dans les ruelles de la ville, puis jeter à la mer.
- La perte du Penon, point stratégique s’il en était,
puisqu’en face du port, marqua le début de trois siècles de razzias et d’incursions en Europe.
La forteresse du Penon en 1520.
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