Le M.RA.P et son journal Droit et Liberté.
Les émeutes du 20 Août 1955 en Algérie et au Maroc.
(Suite)
- Dans ce magnifique torchon,
de Droit et Liberté, numéro 148, nous avions dans une double page intérieure, quatre autres articles :
- Un article sur le Maroc,
de Robert Barrat, intitulé : « qui a commencé ? », Robert Barrat fustigeant les français du Maroc et l'Armée.
- Un article sur le quartier de La goutte d'Or à Paris, intitulé :
« Droit et Liberté ouvre l'enquête, voici ce qui s'est passé au quartier de la goutte d'Or. », dans cet article non signé,
Droit et Liberté tapait ouvertement sur la police française raciste, qui ouvrent le feu sur des innocentes victimes.....
- La synthèse d’un article de Robert Lambotte, reporter communiste de l'Humanité, intitulé : « J'ai vu la haine. ».
- Un article de Georges Penchenier, journaliste au Monde, intitulé : « Une guerre de race et de religion ».
- Ces deux derniers articles feront couler beaucoup d'encre, nous y reviendrons un peu plus loin.
- Commençons par le journaliste du Monde, M. Pencherie Georges.
- L’article de Droit et liberté commence ainsi :
M. Georges Penchenier, au cours d'une série de reportages
sur le Constantinois, publiés dans Le Monde, raconte ce qu'il a vu dans le Nord-Constantinois.
- Article de M. Penchenier :
« ... Mais, je puis au moins porter témoignages,
de celle qui a eu pour objectif, la mechta des Carrières Romaines, situées à cinq kilomètres de Philippeville.
Une cinquantaine de vieillards, de femmes et d'enfants ont été tués à défaut des males. »
- Le ministre de l'Intérieur ayant démenti les articles
du journaliste du Monde, ce dernier, les yeux dans les yeux, maintenait son témoignage et écrivait :
« Je répète ce que j'ai vu, un chien attaché à un piquet, se mit à gémir en nous voyant,
un autre hurlait de l'autre côté de la route, quelques poules picoraient tranquillement au milieu des cadavres.
Parmi ces derniers, j'ai facilement distingué, plusieurs enfants de moins de dix ans.
Je n'ai pas souvenir d'y avoir vu d'hommes adultes, et, je vois encore très bien une fillette à genoux,
le tête entre ces mains, un vieillard, et trois femmes tenant encore leur bébé dans les bras.... »
- Le torchon, Droit et Liberté, terminé cet article par :
« Nous ne pouvons que nous élever avec M. Penchenier contre cette guerre impitoyable de race et de religion. »
Philippeville les Carrières Romaines.

- La synthèse d’un article de Robert Lambotte.
- Comme de coutume, Droit et Liberte dans un encas, glorifiait le journaliste de l'Humanité, de grand résistant,
il confirmait l'article de Lambotte et son expulsion d’Algérie le lendemain de la saisi du journal l'Humanité.
- Article de M. Robert Lambotte :
« Le lendemain du 20 août, j'étais à Constantine.........
En fait, il y avait bien eu des groupes armés qui avaient attaqué en plein centre-ville,
mais la plupart des morts se trouvaient
parmi les pauvres sans-abri tués après les attaques, par la fusillade volontairement aveugle des forces de répression......
Or, j'ai pu voir la mechta Zefzef, située à cinq kilomètres de Philippeville, la population entière avait été massacrée.
J'ai vu des familles entières, fusillées devant leur gourbi, des femmes, des jeunes mamans,
avec encore serrés contre elles, leurs bébés...
C'est pour avoir dénoncé ces crimes que j'ai été expulsé d'Algérie.... »
- Les journalisted Pencherie Georges et Lambotte Robert, ont-ils vu tout ce qu'ils décrivent, ou sont-ils tout simplement des menteurs ?
- Quelle était l'obligation de chaque journaliste en Algérie en 1955 :
Un système d'autorisations était alors en vigueur pour les journalistes, un laissez-passer délivré par
les autorités civiles (Gouvernement général et préfets), permettait de se rendre dans des zones où l’armée opérait.
- L'article de M. Pencherie Georges, journaliste du Monde,
fera l'objet d'une passe d'armes à l'Assemblée nationale, le Mardi 11 Octobre 1955, nous en reparlerons un peu plus loin.
- Concernant l'article de M. Lambotte, voici un extrait du livre de M. Alleg, : La guerre d'Algérie.
- Robert Lambotte, envoyé spécial de l'Humanité, est, le 22 Août 1955, à Philippeville, il écoute les récits des témoins :
« Après les premières attaques, les CRS et la Légion ont ouvert le feu à la mitraillette sur tout ce qui bouge,
sur les terrasses des cafés maures, remplis de consommateurs un samedi à midi, en quelques secondes,
les clients sont couchés par les rafales.
Des cadavres jonchent la chaussée. » .
- M. Robert Lambotte est l'auteur,
de la fameuse photo des morts alignés du stade de Philippeville, alors, on peut se poser cette question :
Où sont les photos des femmes et des enfants de la mechta Zefzef, qu'il décrit avec précision dans son article.
Le journal l'Humanité, 26 Février 1957, article de M. Robert Lambotte.

- Journal Officiel N° 88 du Mardi 11 Octobre 1955.
Débats Parlementaires de l'Assemblée Nationale, sur les principes qui régissent la politique du gouvernement en Afrique du Nord.
- La parole est à M. Pierre Fayet du groupe socialiste :
« ... Aussitôt après les événements du 20 Août,
la répression a pris dans l'ensemble de l'Algérie, un caractère encore plus violent, des expéditions punitives,
ont été dirigées sur de nombreux villages, qu'on a systématiquement détruits, ne laissant que des ruines fumantes....
Dans de nombreux cas, si ce n'est dans tous,
les vieillards, les femmes et les enfants n'ont pas été autorisés à sortit avant l'anéantissement des gourbis.......
Voici ce qu'écrit à ce sujet, M. Georges Penchenier dans le Journal Le Monde du 25 Août 1955 »
« .....Je n'ai pas eu la possibilité de participer à toutes ces opérations, mais je puis au moins porter témoignage de celle
qui a eu pour objectif la mechta des carrières romaines. Une cinquante de vieillards, de femmes et d'enfants ont été tués...... »
- Après avoir cité une partie de l'article du Monde, M. Pierre Fayet précise :
« Dans un communiqué, le Ministre de l'intérieur commentant le récit publié par l'envoyé spécial du Monde, a insinué
que les Vieillards, les femmes et les enfants avaient trouvé la morts le samedi 20 Août au cours des combats avec les troupes françaises.
L'envoyé du monde a fait une mise au point :
« Le mardi 23 Août des habitants européens de la région ont affirmé avoir entendu le son d'armes automatiques,
du côté des carrières romaines. Je me suis rendu, il y a quelques jours, à 14h30, sur les lieux, mais je me suis arrête avant
l'endroit où se trouve la fosse commune des fusillés, lorsque j'ai aperçu la mechta Zef-zef, situé légèrement en contrebas.
Je répète ce que j'ai vu, un chien attaché à un piquet .........
... un groupe composé de trois femmes tenant encore leurs bébés dans les bras ...... »
- M. Fayet ajoutait :
« voilà ce qui est net et précis..... »
- Nous passerons sur antienne habituelle concernant le raciste
des français d'Algérie et du Maire de Philippeville, M. Renquet-Creuvaux, car nous en aurions pour plus de trois pages.
- M. Fayet termine en ces termes :
« La France n'a rien à perdre à s'engager dans la voie de l'indépendance .....»
La parole est à M. Jacques Duclos du parti communiste:
- M. Duclos commence son très long discourt, par une demande d'interpellation concernant la dissolution du parti communiste algérien,
puis, comme son précédent collègue, il s'attaque violemment aux français d'Algérie :
« Quant aux méthodes de violence en vigueur en Algérie,
elles sont dans la tradition des massacreurs d'Algériens que furent les Bugeaud et les Saint-Arnaud. »
- Puis, il poursuit par :
« Bombarder, incendier des mechtas, faire revivre les interrogatoires accompagnés,
de tortures rappelant ceux des nazis tel est le dernier cri de l'œuvre des ultra-colonialistes. »
- M. Duclos comme son prédécesseur enchaine sur l'article du Monde, mais sans trop s'étendre, il relance le débat sur
la dissolution du parti communiste algérien..., enfin, M. Duclos revient sur l'envoyé spécial du Monde :
« Je suis ici pour dire la vérité, l'envoyé spécial du Monde écrit dans le numéro du journal du 25 Août :
« Je puis au moins porter témoignage de l'opération ........ Je ne connais pas de spectacle plus tragique,
que celui que j'ai vécu après le départ des commandos en circulant entre les corps calcinés.»
M. Duclos prenant à témoin l'assemblée nationale s'écrit :
« Ne s'agit-il pas là, mesdames messieurs de crimes semblables à ceux que commirent les nazis à Oradour-sur-Glane ?
Poser la question, c'est y répondre. »
Photo du stade de Philippeville, paru dans l'Humanité du 24 Aout 1955 qui a été saisi.
Légende de la photo : Les cadavres d'Algériens jonchent le terrain du Stade municipal de Philippeville.

- A cet instant, le Ministre de l'intérieure, M. Maurice Bourgès-Maunoury intervient :
« M. Duclos, me permettez-vous de vous interrompe ?»
- Duclos accepte la demande et le ministre poursuit :
« M. Duclos, savez-vous que le journaliste du Monde,
M. Georges Penchenier, a dû reconnaitre, qu'il n'avait pas été présent à cette opération, à laquelle, il prétendait avoir assisté.
C'est cela que vous appelez la vérité, monsieur Duclos. »
- M. Duclos prit de cours s'exclame :
« Je tiens à faire observer, monsieur le ministre, que cette réponse n'en n'est pas une..... »
- M. Duclos redémarre sur les milliers de gros colons qui ont spolié la terre de ces pauvres algériens, il enchaine sur les articles
de Témoignage chrétien, et sur les étudiants communistes qui organisent tous les jours des protestations ....
- Epilogue :
- Monsieur le ministre de l'intérieure Maurice Bourgès-Maunoury,
ayant précisé, que les récits de M. Georges Penchenier, étaient des bobards, il nous reste le journaliste de l'Humanité.
- Je suis très étonné que M. Duclos n'ait pas cité l'envoyé spécial de l'Humanité,
M. Robert Lambotte,
qui d'après ces récits était à Constantine, à Philippeville, et dans toute la région, au moins le 22 ou le 23 Août 1955.
- C'est bien, M. Lambotte qui est à l'origine de la photo du stade de Philippeville,
dont la premier légende sera « Les cadavres d'Algériens jonchent le terrain du Stade municipal de Philippeville. »
Elle deviendra par la suite les fusiliers du stade de Philippeville, et, en 2016, elle changera encore
de légende.
- Nous en avons fini avec ce torchon N° 148, parut le 15 Novembre 1955.
- A cette date, tout le monde savait que
M. Georges Penchenier avait menti, et, pourtant Droit et Liberté, les yeux dans les yeux, proclamait :
« Nous ne pouvons que nous élever avec M. Penchenier contre cette guerre impitoyable de race et de religion. »
Photo de M. Lambotte du stade de Philippeville le 22 Août 1955.
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