Le général Weygand .... limogé par le Führer !
Les Allemands demandent son départ. .
- La présence du Général Maxime Weygand,
qui s’efforçait secrètement de réorganiser l’armée d’Afrique qui allait permettre à la France
de prendre part, aux cotés de alliers, à la reconquête, était mal vue du régime nazi.
Son départ fut exigé.
- Voici comment s’exerça la pression allemande sur le gouvernement de Vichy,
narrée par le Général Maxime Weygand, membre de l’Académie française.
Convoqué par l'amiral Darlan ! .
- Tandis que je me donnais tout entier,
comme délégué général du gouvernement en Afrique, à une lutte incessante contre les empiètements allemands, l'écho de certains bruits parvenait à mes oreilles sans me troubler.
Les Allemands auraient demandé, officiellement cette fois, mon départ.
Ils me reprochaient entre autres méfaits de m'être entendu avec les Américains pour faire venir
des armes afin de les chasser d'Afrique.
- Je fus convoqué
par l'amiral Darlan, le 16 octobre 1941 à Vichy, où j'avais d'ailleurs de nombreuses questions
concernant l'Algérie à mettre au point.
- N'ayant pas eu le loisir de prendre des notes depuis un mois,
je résumai ainsi,
dans l'avion qui m'y conduisait, mes vues sur la situation :
- En Russie, les succès allemands sont affirmés :
- Prise de Kiev avec ces plus de 600 000 prisonniers.
- Avance à peu près générale au centre,
- Leningrad encerclé,
- Odessa largement dépassé.
- Les Allemands semblent devoir aller sur le Caucase.
- S'ils arrêtent leur poussée en Russie à l'entrée du véritable hiver, ils auront cinq mois
pour se refaire en utilisant au maximum notre potentiel de fabrications à côté du leur.
- Quand les Anglais seront-ils en état d'entrer en ligne ?
D'après les bruits qui me parviennent, il semble qu'après une période d'euphorie où
l'on déclarait l'Allemagne battue, on en revienne à la résignation devant la puissance allemande.
- Je persiste pour ma part à souhaiter et à espérer la victoire des Anglo-Saxons, par haine de
la servitude matérielle et plus encore morale que serait un ordre européen
présidait par l'Allemagne.
- Je persiste à penser qu'un gouvernement français serait criminel et cela serait encore plus vrai
si l'Allemagne était victorieuse, à demeurant isolé en face de cet adversaire qui élève la mauvaise foi
à la hauteur d'un procédé de gouvernement.
Prisonniers soviétiques de la poche de Kiev.
Lors de la bataille de Kiev, les Rusees ont laissée plus de 600.000 prisonniers.
A ma descente d'avion,
- je n'appris rien de précis, l'amiral Darlan ne devait revenir que le lendemain.
« On verra avec quoi il rentrera » me dit le Maréchal qui
m'accueillit fort amicalement.
Mon départ est demandé par le Führer.
Le 17 Octobre 1941,
- après une matinée donnée aux affaires algériennes,
le Maréchal me fit appeler pour me dire que l'amiral avait reçu un ultimatum.
Ma présence était impossible en Afrique en raison de mes relations avec les Américains.
Il me donna à entendre que je devrais accepter de quitter l'Afrique et me proposa le poste
d'un ministre d'Etat qui serait spécialement chargé de préparer la constitution de l'Empire,
dont la commission actuelle ne s'était pas encore occupée.
Je lui répondis que mon honneur me défendait d'abandonner volontairement un poste où
la confiance de plusieurs millions de Français et d'indigènes me faisait un devoir de demeurer.
Si le gouvernement en décidait autrement :
- je refusais toute place en compensation,
- il n'entendrait plus parler de moi.
- Le général Laure,
qui assistait à notre entretien, suggéra au Maréchal d'écrire à
Hitler une lettre dans laquelle
il affirmerait sa confiance en moi.
- Le Maréchal accepta
d'autant plus aisément qu'il ne croyait pas que le führer
eût une part dans cette affaire et
l'amiral Darlan admit l'envoi de cette lettre, à condition de la porter lui-même à son destinataire.
La poignee de main de Montoire le 24 Octobre 1940.
Le 18 Octobre 1941,
- qui était un samedi,
m'étant mis d'accord sur mes affaires algériennes, j'avais hâte de rentrer à Alger pour les faire aboutir.
Je fis savoir à l'amiral Darlan qui ne m'avait pas encore reçu, bien qu'il fût à l'origine de ma convocation, mon intention de partir le lundi matin.
« Oh, répondit l'officier supérieur de marine qui reçut mon envoyé,
il partira si ... » et il fit le geste du geôlier tournant la clef dans une serrure.
- J'allai aussitôt protester auprès du Maréchal contre l'inconvenance et la sottise de ce sous-ordre,
et j'exigeai d'être reçu par l'amiral immédiatement.
- Fort irrité,
le Maréchal voulut bien prendre la peine de descendre chez lui et remonta aussitôt me disant
qu'il y avait erreur et que l'amiral m'attendait.
Je trouvai celui-ci debout, rouge et gêné.
Il m'entretint pendant un temps assez long de billevesées, sans me dire un mot du sujet principal
pour lequel il m'avait sans doute fait faire ce voyage.
- Je le quittai en lui répétant que je partirai le lundi matin.
A Alger, le 20 décembre 1942.
Le général Giraud décore de la croix de guerre les commandants du Casablanca, du Glorieux et du Marsoin.
A droite l'Amiral Darlan.
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