Les Mythes du 17
Octobre 1961
 
Le Mythe du Silence d’Etat.. (suite).
- Le Président du Sénat..
« La parole est à M. le Ministre de l’Intérieur. »
- M. Roger Frey Ministre de l’Intérieur.
« M. Duclos a posé une série de questions précises
et je voudrais essayer de lui répondre d’une façon également précise, si ses amis veulent bien me laisser parler.
Le nombre exact de Français musulmans tués lors des manifestations des 17 et 18 octobre est de Six.
Le nombre exact de Français musulmans transportés en Algérie à la suite des manifestations des 19 et 20 Octobre,
est de 500, ils ont été, soit internés dans des camps, soit, au contraire, renvoyés dans leur douar d’origine.
Le nombre des blessés hospitalisés a été de 136.
La mission des forces de police était très simple, elles avaient été chargées d’interdire le rassemblement sur la voie publique,
d’empêcher les manifestants de se rendre dans Paris et, si possible, de les intercepter aux portes de Paris,
Car la manifestation était interdite.
Les forces de l’ordre, lorsqu’elles ont tiré l’on fait en état de légitime défense, en conformité avec l’article 328 du code pénal.
Vous me demandez, quel est le meilleur moyen d’empêcher le retour de tels actes de violence.
Ce serait évidemment, Monsieur Duclos, que vous puissiez conseiller au FLN, de renoncer à troubler l’ordre public
En ce qui me concerne, je l’ai dit et je le répète,
je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher que l’émeute, d’où qu’elle vienne, soit maitresse des rues de Paris. »
Manisfestation dans Paris le 17 Octobre 1961.

« M. Defferre a posé un certain nombre de questions avec son amabilité coutumière.
Je lui dirai que j'ai eu l'occasion,
tout récemment d'exposer l'ensemble des mesures que j'ai du prendre, notament à Paris,
pour mettre un terme, à la recrudescence d'attentats terroristes du FLN, et à ce qu'un parlemenraire
de l'Assemblée Nationale appelait :
« l'hécatombe des fonctionnaires de police parisienne ».
Je dois rappeler, en effet , parce que ce sont des chiffres que l'on oublie quelque peu, monsieur Defferre,
que du 1° Mai au 10 Octobre 1961, 726 agressions ont été dénombrées sur le territoire métropolitain,
dont 632 dirigées par le FLN contre les musulmans, et 58 contre les forces de l'ordre.
Je rapelle également que le nombre de policiers qui ont été tué depuis 1958 à Paris est de 47,
et 19 dans le reste de la Métropole, ce sont là des chiffres qu'il importe, certes, d'avoir présents à l'esprit,
et, si les mêmes pertes avaient été enregistrées à Marseille, vous auriez peut-être, monsieur Defferre,
une autre réaction.
Je déplore que certains portent, semble-t-il, moins d'attention au simple fait divers qu'est pour eux,
l'assassinat d'un policier défenseur professionnel de l'ordre public, fût-il père de famille nombreuse,
qu'aux rigueurs qu'ont pu vous décrire ceux qui, par leurs agissement, font le jeu du FLN.
Quelle a été l'action des forces de police contre le FLN. du 1 Mai 1961 au 13 Octobre 1961,
2.214 individus ont été arrêtés dont parmi eux, 375 membres de groupes de choc, les assassins!.
Malgrés ces arrestations, les attentats individuels ont continué,
et j'attire
votre attention sur ce point, non seulement des membres actifs de la police sont visés, mais aussi,
des parents, des voisins confondus avec eux, des policiers en retraites et même trois conseillers sociaux et
deux membres du personnels des services d'assistance aux musulmans d'Algérie. »
Manisfestation dans Paris le 17 Octobre 1961.

« Il ne se passait pas de jour, sans qu'un grave, sans qu'un odieux attentat ait lieu,
accroissant davantage l'émotion de l'opinion publique et l'indignation légitime des services de police.
C'est pourquoi, M. Le préfet de police a dû, avec mon accord, prendre au mois d'Octobre des mesures nouvelles.
Ces mesures, contrairement à ce qu'on a pu dire, sont apparues efficaces, tout au moins pour sauver des vies.
C'est pourquoi, je suis persuadé que la vraie raison des manifestations que le FLN a déclenchées à Paris,
n'est pas la colère des Algériens contre des mesures de discriminations raciales, mais tout simplement,
la colère du FLN contre l'efficacité des mesures qui le gênent énormément.
Que reproche-t-on à la police, d'avoir jugulé une manifestation interdite, celle du 17 Octobre,
qui a en croire certains, avait soulevé l'ensemble de la population musulmans de l'agglomération parisienne.
C'est un chiffre qu'il faut méditer, monsieur Defferre,
car s'il y a 40.000 Nord-Africains dans votre région, il y a 180.000 dans la périphérie parisienne.
Sur ces 180.000 qui habitent Paris et sa banlieue, 25.000 seulement manifestaient.
Le 18 Octobre, il y en avait plus que 4.000 et ils ne purent atteindre la Capitale.
Au total, 14.094 individus ont été appréhendés.
Tous ces manifestants ont été détenus le temps nécessaire à leur identification.
Quant aux individus qui n'ont pas encore été relâchés, qui sont-ils ?
Tous ou presque des militants, des chefs de cellules, des chefs de régions, des membres de groupes de choc.
Le FLN et ceux qui sont toujours prêts à estimer qu'il a toujours raison, quoi qu'il arrive,
contre la France, ne peuvent pardonner aux défenseurs de l'ordre publique, d'avoir fait échouer un plan,
qui était bien préparé et d'avoir ainsi préservé l'agglomération parisienne de troubles beaucoup pus graves,
dont beaucoup ont senti brusquement la menace. »
Manisfestation dans Paris le 17 Octobre 1961.

« C'est pourquoi le FLN et ses amis, mais surtout ses amis, dans le seul dessein de déconsidérer,
et de faire désavouer la police parisienne, la charge de toutes les vilenies et de tous les crimes.
A les en croire, tous les manifestants auraient été arrêtes à la sortie de leur travail ou de leur domicile,
ce qui laisserait supposer, que la plus part travaillaient à l'Opéra et habitaient les Champs-Elysées.
Sans doute, est-ce parce qu'il n'y a pas eu assez de sang versé à leur gré, pour alimenter
une campagne d'opinion contre la France, que le FLN et ses supporters trouvaient tout à l'heure
dans les eaux troubles de la seine les cadavres supplémentaires que la police aurait sur la conscience.
Ces cadavres de noyés, il y a des années, M. Duclos, qu'on les trouve dans la Seine !
Ce sont les malheureux qui ont refusé de suivre les consignes du FLN,
et qui ont été condamnés par ces tribunaux dont parlait il y a un instant M.Bernard Lafay.
Quant à l'hébergement des 14. 000 manifestants arrêtés,
il a été réalisé dans les meilleures conditions possibles, compte tenu des difficultés matérielles de l'opération.
Non, M. Duclos, il n'y pas de camps de concentration à Paris,
il a fallu prendre cette décision, car c'était le seul moyen de neutraliser les manifestants, de limiter les excès,
mais aussi de détecter les responsables du FLN.
Tout récemment, un certains nombres de mesures ont été prises,
pour refouler vers l'Algérie les oisifs et les indésirables, 1.684 exactement, ont été acheminés vers l'Algérie.
J'assume des responsabilités ministérielles qui sont lourdes et j'entends les assumer pleinement.
Une motion a été votée par le conseil municipal de Paris, une autre l'a été par le syndicat de défense de la police parisienne,
et il est inutile de dire que je fais miennes ces motions.
M. Defferre souhaitait la création d'une commission d'enquête.
Pourquoi pas ? Mais à condition, que cette enquête examine également :
- pourquoi et comment tant de policiers ont été tués par le FLN.
- Pourquoi et comment tant de musulmans ont été tués par le FLN.
Il serait peut-être bon à ce moment-là, d'essayer de voir,
quels sont les cadavres repêchés dans la Seine, qui ont été tués par le FLN.
Mesdames, messieurs,
voilà ce que je voulais vous dire, il est difficile de faire la part entre la vérité et la calomnie,
je puis vous donner l’assurance que je suis décidé à faire respecter l'ordre. »
- M. Gaston Defferre prend la parole.
«
Je prends acte que M. Le Ministre accepte le principe d'une enquête parlementaire applicable à l'ensemble des faits. »
Le débat est clos.
Manisfestation dans Paris le 17 Octobre 1961.
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