Relations entre la France et la Régence d’Alger
1680 - 1690.
- Mais, au mois d'octobre 1680, les corsaires barbaresques capturent plusieurs bâtiments Français,
sans déclaration de guerre, ils emmènent à Alger, les équipages pour les réduire en esclavage.
- En 1681,
les actes de pirateries se renouvelèrent, les Barbaresque de Tripoli, font des razzias sur les côtes de Provence.
Louis XIV, équipa une escadre, afin de mettre un terme, aux razzias des Barbaresque de Tripoli.
En Mai 1681, l'escadre commandée par M. du Quesne, quitte Toulon.
Chios ou Scio, île de l'archipel du Levant, près de la côte d'Ionie.
- En Juin 1681, plusieurs corsaires Tripolains ayant capturé quelques bâtiments français sur les côtes de Provence,
Du Quesne, à la tête d'une escadre de sept vaisseaux, partit à leur recherche, et les rejoint près de l'île de Scio,
possession de l'Empire ottoman.
- Le 23 juillet 1681, il les chassa si rudement, que les barbaresques recherchèrent l'abri du port.
Du Quesne envoya M. de Saint-Amand, sommer le pacha commandant à Scio de faire sortir les corsaires,
sous peine de destruction du port et des forteresses, le Pacha refusa.
Du Quesne commença un feu si vigoureux, qu'en moins de quatre heures,
l'escadre Barbaresque, les forteresses et le port étaient presque détruits, puis, il établit un blocus.
- Une Relation turque narre cette attaque :
« Les infidèles français sont venus à Scio, ils ont tiré pendant quatre heures sur les vaisseaux de Tripoli de Barbarie,
ils ont aussi endommagé les forteresses et les mosquées. »
Abraham Duquesne Chios 1681.

- La petite histoire nous raconte une version diplomatique de cette confrontation.
- L'attaque de Duquesne avait mis dans une grande colère, le grand Vizir de Constantinople.
Cette violation de la neutralité turque, avait mis le nouveau Consul Français, dans un grand embarras,
le Vizir demanda au consul, M. de Guillerague qui venait de remplacer M. de Nointel, réparation de cette agression.
- Pour calmer le grand Vizir, M de Guillerague aurait signé un accord,
stipulant un dédommagement pour réparer les forteresses et les mosquées détruites par l'attaque de Duquesne,
mais, sans avoir le consentement de Louis XIV, cette estimation honnête avait était chiffrée à 80.000 couronnes.
- La petit histoire raconte,
que c'est le consul ou des marchands marseillais commerçant avec Constantinople, qui auraient versé la dite somme.
Note :
Certains historiens de 1710, indiquent que :
Du Quesne aurait coulé une grande partie de l'escadre Barbaresque de Tripoli dans ou hors du port de Scio,
que la destruction de plusieurs vaisseaux barbaresques, obligèrent le pacha de Tripoli à demander la paix,
qui est signée le 25 octobre 1681, avec la libération des esclaves Chrétiens.
- Le 18 octobre 1681.
- Le Dey d'Alger, Baba-Hassan, déclare officiellement la guerre à Louis XIV.
- Le 23 octobre, il annonce au consul de France, Jean Le Vacher, le début des hostilités.
Il ordonne dans le même temps la sortie en mer de douze bâtiments de guerre.
En un mois, les Reis prirent 29 bâtiments français, le bagne d'Alger s'agrandit de cinq cents esclaves Français.

- Apprenant la nouvelle,
Louis XIV ordonne à ses ministres de préparer une expédition punitive.
Le commandement en est confié à Abraham Duquesne.
- Duquesne quitte Toulon, le 12 juillet sur le Vaisseau Le Saint-Esprit, armé de 74 canons.
L'escadre française est composée de quatre vaisseaux de guerre, trois brûlots, trois flûtes, deux tartanes et de cinq galiotes.
- Le 18 juillet, après une traversée sans encombre, Duquesne retrouve les quinze galères commandées par le duc de Mortemart.
- Le 23 Juillet, il est devant Alger, où il retrouve,
le comte de Tourville, qui est sur Le Vigilant, armé de 54 canons et le chevalier de l'Hery qui croissaient dans les parages.
- La flotte française se compose de :
onze vaisseaux de guerre, cinq galiotes à bombes, quinze galères, trois brûlots, trois flûtes, deux tartanes.
- En 1682, Alger était protégé par des forts garnis de canons.
- Sur le port, 77 canons,
- au fort des Anglais, 12 canons,
- le fort Bab-el-Oued, 15 canons,
- le fort Bab-Azoun 12 canons,
- au fort l'Empereur 50 canons.
- Une chaine protégée le port.
- L'Amiral Duquesne établit le plan de bataille, le 29 Juillet 1682.
- Les préparatifs commencèrent, pour les galiotes et les bombes.
Profitant de ce laps de temps, l’Amiral sur Le Prudent, Le Chevalier de L'Hery sur Le Téméraire, d'Amfreville sur l'Eole,
et, huit galères commandées par le Chevalier de Noailles, coulèrent deux vaisseaux barbaresques vers Cherchell.
- Mais le temps se gâta, et l'Amiral du patientait jusqu'au 15 Août.
La Rade de Toulon en 1680.

- Le 16 Août 1682,
- Les bombes tombèrent sur Alger,
mais, il fallut quelques jours de réglages, car c'était la première fois que l'on utilisait ce genre d'engins.
- Les canons d'Alger tentèrent de couler les galiotes sans succès.
- Une sortie de deux vaisseaux fut tentée,
pour enlever les galiotes, mais les canons du Chevalier de Tourville, repoussèrent les Barbaresques.
- Le 4 Septembre 1682,
- Le Consul de France, Le Père Le Vacher,
monta à bord du vaisseau amiral, pour demander, quelles étaient les conditions pour établir une paix.
- Il informa Duquesne des destructions de la ville, cinquante maisons, dont la sienne, avaient été détruites,
la grande mosquée avait été entièrement détruite, que plus de cinq cent personnes avaient été tuées.
Il supplia l'Amiral de bien vouloir suspendre le bombardement pendant une journée.
L'Amiral refusa.
- Mais, comme de coutume,
quelques jours plus tard, la tempête sauva Alger, l'escadre rentra à Toulon.
Duquesne rendit compte au roi, des terribles effets des galiotes à bombes, imaginées par M. Bernard Renau d' Eliçagaray.
Mais les Barbaresques, - malgré les pertes inestimables qu'ils avaient subis, recommencèrent leurs courses contre les navires Français.
- Louis XIV résolut de les punir et de faire assiéger une seconde fois leur ville.
Il chargea le Marquis de Duquesne de cette expédition, l'escadre quitta Toulon au début mai 1683.
- Le 18 Mai 1683,
l'escadre passa à la vue des terres de Barcelone, où des corsaires d'Alger venaient de sévir.
Duquesne détacha les chevaliers de Trouvilles et de l'Héry pour faire la chasse aux barbaresques d'Alger.
Les chevaliers capturèrent un barbaresque armé de 14 pièces de canons, ils libérèrent trente esclaves chrétiens.
Bombardement d'Alger Septembre 1682 par Abraham Duquesne.

- L'escadre était devant les îles Fromentiéres, le 2 Juin 1683,
on attendit en vain l'arrivée des galères, finalement Duquesne donna l'ordre de départ vers Alger, le 15 Juin 1683.
- Le 20 Juin 1683, la flotte Français faisait face à Alger.
- Le 21 Juin, on tient le conseil de guerre, qui décida que l'on se passerait des galères.
Les préparatifs commencèrent le lendemain.
- Le 26 Juin 1683, une heure après minuit, les galiotes lancèrent leurs bombes.
On lança 98 bombes de treize à quinze livres de poudre, la plupart tombèrent sur la ville ou sur le môle.
Les barbaresques ripostèrent en tirant du canon.
- Le 27 Juin, vers onze heures du soir, le bombardement reprit.
On lança en moins de deux heures, deux cents vingt-sept bombes, le
palais du Dey fut touché,
une centaine de maisons détruites, plus de huit cents morts sous les ruines.
Une bombe tomba sur une batterie du port, détruit plusieurs canons, et fit cinquante morts parmi les serveurs.
La riposte d'Alger ne tua que trois français sur une chaloupe, un officier, un matelot et un soldat.
- Le 28 Juin 1683, les bombardements commencérent dès le matin.
- Le Dey Baba-Hassan, assembla le Divan pour décider sur le parti à prendre devant ces bombardements.
Il fut décidé que l’on demanderait la paix aux Français.
- Le Dey fit venir un esclave chrétien, le Capitaine de Beaujeu, prisonnier depuis dix-huit mois, pour lui demander son avis,
De Beaujeu lui répondit, que le meilleur parti à prendre était de demander pardon d'avoir rompu le traité de paix.
Le dey refusa.
- Il fit mander le Consul de France, le Père le Vacher, pour négocier un traité de paix
Il envoya le Consul, un des membres du Divan et un interprète sur le navire Amiral.
Le Port de la Régence.

- Duquesne demanda quel était objet de leurs visites, le Consul lui répondit :
« Qu'il venait de la part du Dey, du Divan, et de la Taïffe pour demander la paix.»
Le membre du Divan confirma via l'interprète les propos du Consul.
- M. Duquesne leur dit qu'il allait mettre par écrit les conditions auxquelles il accorderait la paix, mais avant toute signature,
il souhaitait que tous les esclaves chrétiens capturés sur de vaisseaux français soient libérés sans rançon.
Il m'y en garde le membre du Divan en lui disant :
« qu'on devait prendre garde à ce que l'on allait faire »
- En fin d'après-midi,
l'envoyé revient pour informer Duquesne, que les esclaves chrétiens seraient sur son navire le lendemain à l'aube.
- Le lendemain, à l'aube, une douzaine de barques,
chargées de monde se dirigeaient vers le navire amiral, il y avait 142 esclaves chrétiens, parmi eux figurait le capitaine de Beaujeu.
- L'envoyé précisa que le Dey avait demandé que tous les esclaves chrétiens qui étaient dans les campagnes à travailler aux champs,
soient ramenés à Alger, il demandait un délais pour les rassembler.
Duquesne lui accorda cinq jours pour faire les recherches.
- L'envoyé demanda, si l'amiral voulait bien en échange, libérer les prisonniers barbaresques, pris par M. de Trouvilles.
L'amiral lui répondit qu'il ferait ce présent au dey, quand tous les esclaves chrétiens seraient à bord des navires français.
- Le rapatriement des esclaves chrétiens s'accéléra :
- Le 30 Juin, 126 esclaves, le 1 juillet, 150 esclaves, le 2 juillet, 92 esclaves.
Les derniers esclaves libérés étaient quatre femmes.
- Il y eu 546 esclaves libères.
On apprit, par les esclaves libères, que 400 étaient morts de la peste, mais qu'il restait encore d'autres dans les campagnes.
- Le 3 Juillet, l'amiral donna une liste d’otages spéciaux,
qu'il souhaitait récupérer avant la signature du traité de paix, dans cette liste figuraient Mezo-Morto, Ali Rays.
Alger Juillet 1683 Libération des esclaves chrétiens par Abraham Duquesne.
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