Relations entre la France et la Régence d’Alger
Hussein dernier Dey de la Régence.
1829.
Extraits des journaux.
- En Février, le consul de France à Tunis, M. Mathieu Maximilien Prosper, Comte de Lesseps,
obtient les autorisations nécessaires pour entamer une négociation avec le Dey d'Alger.
- En mai, on retrouve, la trace des négociations du consul, M. De Lesseps, avec le Dey d'Alger.
« Malgré, la faible demande de réparation, demandée par le ministère de Martignac, au Dey d’Alger.
Hussein n'en voulut accorder aucune.
Il aurait paru étonné, de ce que la France, s'obstinât à exiger des réparations de sa part. »
Note :
Je n'ai pas retrouvé de trace, de cette négociation dans les livres concernant cette période.
France.
- Sous le ministère de Martignac,
M. Portalis, qui venait de prendre le portefeuille des Affaires étrangères, se rallia à l'idée d'une nouvelle tentative
de rapprochement avec la Régence, dans un rapport au Roi, en date du 15 Mai, il proposa de charger M. de la Bretonnière
de négocier personnellement avec le Dey.
- Dans le cas, où cette dernière tentative,
aboutirait à un nouvel échec, il ne resterait plus qu'à bombarder Alger et à attaquer les ports de la Régence.
Régence d'Alger.
- Le 17 ou 18 Juin, le capitaine de Vaisseau Latryte, commandant la frégate l'Iphigénie, et, par intérim le blocus d'Alger,
accompagnée par la frégate Duchesse du Berry,
prit en chasse une felouque qui longeait la côte, .
- Les deux frégates forcent le barbaresque à s'échouer pour éviter d’être pris par les navires français.
- Poursuivant leur avantage, les deux frégates mirent à l'eau, six chaloupes pour aller mettre le feu à la felouque.
- Une chaloupe fut poussée sur le rivage, par la force des lames et du vent,
des kabyles s'approchèrent rapidement, les trois chaloupes de la Duchesse-du-Berry, se portent à son secours.
- Dans un premier temps, les marins réussirent à repousser les Kabyles, et à mettre le feu à la felouque, devant des forces,
de plus en plus nombreuses, une partie des marins durent rejoindre à la nage les autres embarcations, en laissant sur
le rivage, vingt-cing marins et trois barques.
- Il y eu vingt-quatre morts et un survivant dans les rangs des marins.
- Les morts furent décapités, leurs têtes rachetées par le Dey pour 100 piastres chacune.
- Le Dey offrit 200 piastres pour la capture du survivant qui avait été pris en charge par un chef Kabyle.
Note :
La petite histoire nous dit :
« Les marins de trois des six chaloupes misent à la mer,
dans la précipitation d'en découdre avec les barbaresques, ont oublié de mettre au fond de leur chaloupe les grappins,
qui leur sont nécessaires pour se haler au large et ne pas dériver vers la côte. »
- Le 7 Juillet, les consuls de tous les pays quittent à Alger,
devant la menace de plus en plus certaine, d'un bombardement par la flotte française, ou d’un débarquement. .
- Le Dey sur la demande du consul de Sardaigne, M. le comte Datilli, dénia relâcher sept marins français,
sur les quarante-deux présents dans son bagne, c'est par un tirage au sort, que les sept marins furent choisis.
Estampe de Charles X.

- Le dernier affront.
- Le 23 juillet, suivant les recommandations du Ministère de Martignac,
M. de Nerciat vint demander une audience au Dey, qui lui fit répondre qu'il chargeait son
ministre de la Marine de le représenter.
M. de Nerciat déclara au ministre qu'il était chargé
de réclamer les prisonniers enlevés sur des navires français et de solliciter,
une audience pour le commandant de la flotte française, M. de la Bretonnière
- Ayant obtenue cette audience, M de la Bretonnière,
montra beaucoup de prévenance, il pria le Dey de lui faire connaître le jour et l'heure, où il pourrait l'entretenir.
- Le 30 Juillet.
- Le vaisseau La Provence, et le brick l'Alerte, portant pavillon parlementaire, quittent leur ligne de croisière pour se diriger
vers la rade d’Alger, à trois heures de l’après-midi, les deux navires jettent l’ancre à quelques encablures du fort Bab-Azzoun.
- M. Le comte de la Bretonnière, prit immédiatement des dispositions pour se rendre à terre, il était accompagné
par M. Bianchi, secrétaire interprète du roi, M. de Nerciat capitaine de frégate, et M. Gabrié, secrétaire du commandant.
- Arrivés à l’entrée de la Darce, une embarcation algérienne vient au-devant du commandant,
il y avait à bord, le Liman-Reïs, ou capitaine du port, et M. Bensamon, premier drogman de la Régence, M. le comte Datilli,
consul général de Sardaigne, les attendait au lieu du débarquement.
- Le ministre de la Marine, reçut la délégation française,
et, il fut convenu,
que le Dey recevrait dans son palais, le lendemain, le représentant du roi de France, pour entendre ses propositions.
- Le 31 Juillet.
- A 13 heures, la délégation française était sur le quai de la darse, il fallut près de 35 minutes pour rejoindre le palais du Dey.
Cette première entrevue durera trois heures.
Le lendemain, en attendant la réponse du Dey,
la délégation française put sous le contrôle du consul de Sardaigne, visiter les environs d’Alger.
- Le 2 Août,
- A 13 heures, la délégation était chez le ministre de la marine, puis elle monta vers le palais du Dey.
Cette entrevue se solda par un nouvel échec.
- Ce jour-là, le Dey déclara avec hauteur, qu'il lui était impossible d'accéder aux conditions énoncées dans la pièce,
qui lui avait été remise, qu'il ne voyait pas l'utilité d'un armistice, et qu'il ne consentirait jamais à envoyer un officier à Paris.
- M. de la Bretonnière déclara au Dey,
que désormais, le Roi de France, après avoir épuisé tous les moyens de conciliation, emploierait la force.
Le bombardement du vaisseau La Provence.

- Le Dey donna en en ces termes son ultimatum :
« J'ai de la poudre et des canons, puisqu'il n’y a pas moyen de s'entendre, vous entres libre de vous retirer.
Vous êtes venu sous la foi du sauf-conduit, je vous permets de sortir sous la même garantie. »
- M. de la Bretonnière répliqua, qu'il n'avait plus qu'à se retirer.
- M. de la Bretonniere ainsi congédié, regagna son vaisseau, mais, à la demande du consul de Sardaigne,
le commandant en chef de l’escadre, retarda son départ, au lendemain 13 heures.
Avec la forte mer et le vent, le canot mit plus de deux heures pour regagner les deux vaisseaux.
- Le 3 Août,
- Vers midi, le Brick l'Alerte, portant pavillon parlementaire, appareilla, et quitta difficilement la rade d’Alger.
- A 13 Heures, la Procence, portant toujours le pavillon parlementaire,
sortit à son tour sortir de la rade, comme le brick, elle longeât les canons de la marine.
- Un coup de canon partit de la batterie du fanal,
peu de minutes plus tard, un deuxième, puis un troisième coup de canon fut tirer sur la Provence, qui fut suivit
d’une canonnade de toutes les pièces de la marine.
- Malgré la promesse du Dey, une vive canonnade s'en suivit, plus de 80 coups de canons furent tirés sur la Provence,
et, plusieurs bombes tombèrent à peu de distance de l'arriére du vaisseau.
Onze boulets seulement atteignirent le vaisseau sans blesser personne.
- Deux navires de guerre, une goélette espagnole, la Guadaleta, et la corvette anglaise Pilorus,
assistaient à cette grave insulte faite à notre drapeau et constatèrent que M. de Bretonnière s'éloigna sans riposter.
- Hussein ne fit parvenir au gouvernement du Roi aucune excuse pour cet inqualifiable attentat.
La rade d'Alger.

- Le 5 Août,
l’interprète du Dey, écrivit au commandant de la Bretonniére, pour lui faire savoir que son maître regrettait l'incident,
qu'il imputait à l'indiscipline de ses gens, qu'il avait destitué le ministre de la Marine, et révoqué le chef des canonniers.
Cette lettre a été transmise par le commandant de la corvette anglaise Pilorus, elle semblait avoir surtout pour but,
de disculper le Dey devant les
étrangers qui avaient été témoins d'une si grave atteinte au droit des gens.
- Quelques jours plus tard dans un journal français opposait au blocus, on pouvait lire cette encas :
Le journal officiel, annonce le bombardement du vaisseau parlementaire, la Provence, par les batteries de la marine d'Alger.
On apprend que le Dey a fait des excuses sur ce fâcheux évènement, qu'il a déclaré avoir été causé par une méprise.
Note :
La petite histoire, nous dit,
que c'est le Dey Hussein, qui de la terrasse de la Kasbah, donna l'ordre d'ouvrir le feu, sur le navire parlementaire.
- Après cette nouvelle insulte à notre drapeau,
et, la nomination d'un nouveau ministère, le Prince de Polignac, décida de venger les affronts du Dey.
- Malgré la gêne de la situation intérieure de la France,
le ministère du prince Polignac sut surmonter toutes les difficultés pour mettre en œuvre cette expédition sur Alger.
Le président du conseil ne voulut associer aucune autre nation étrangère à cette expédition.
Le prince de Polignac rêvait de cette prise d'Alger, depuis 1827, après les insultes à notre représentant.
- Quelques jours après la création du ministère du 8 Août, le baron d'Haussez,
nouveau ministre de la marine attira l'attention du roi et de son gouvernement, sur la nécessite d'une prompte décision.
- L'époque favorable pour un débarquement était les mois de Mai ou de Juin, tout retard pouvait compromettre le succès.
- Les informations que le ministre de la marine avait trouvées dans les cartons de son ministère,
lui faisaient évaluer à six mois le temps nécessaire pour les préparatifs auxquels il devait présider.
Alger Estampe de 1830.

1830.
- Mais, deux derniers projets virent le jour,
l'un de M. Drovetti, consul général en Egypte, et, l'autre de M. Livron, général au service de Méhémet-Ali.
- Ces deux projets mettaient en avant, les armées du Pacha d'Egypte,
pour terminer la querelle entre la France et la Régence d'Alger, ils demandaient à la France de fournir des navires,
des canons, des vivres, des munitions, et la somme de vingt-cinq millions.
- Le ministre de la marine repoussa fermement ces projets,
et, après avoir été mûrement examinées par le conseil, ils furent unanimement repoussés.
- C'est dans les premiers jours de Février, que l'expédition sur Alger fut résolue.
- Malgré le retard, le Ministre de la Marine, le baron d'Haussez,
n'hésita pas à donner l'assurance que la partie des préparatifs dépendant de son département ne serait pas en retard.
- Le comte de Bourbon, ministre de la guerre, contracta les mêmes engagements pour son ministère.
- Ce fut le 8 février, que le roi prit une détermination définitive sur cette expédition,
et, avant le 12 Février, les ministres de la guerre et de la marine avaient expédié les ordres relatifs aux armements.
- La réunion de la Chambre, le 2 mars, allait montrer la force du conflit qui couvait.
- C’est à la suite de son discours du Trône que le conflit éclate ouvertement entre la Chambre et le pouvoir.
- Dans son discours d'ouverture de la session, le Roi Charles X,
évoqua l’existence de « coupables manœuvres » envers son gouvernement, il annonce l’expédition militaire d’Alger,
et, menace implicitement l’opposition de gouverner par ordonnances en cas de blocage des institutions
- Pendant ce temps,
les deux ministres de la guerre et de la marine, rivalisant de zèle et d'ardeur, établirent entre eux et leurs départements respectifs,
une harmonie qui ne fut pas un instant troublée, ils parvinrent à réaliser toutes leurs promesses.
- Pendant que l'expédition d'Alger prenait forme, un drame allait se produire de l'autre côté de la méditerranée.
- Dans la nuit du 14 au 15 Mai, deux bricks, l'Aventure et la Silène,
poussées par les vents, s'échouèrent près du cap Bengut, à 36 milles du cap Caxime.
Je ne reviendrais pas sur ce drame.
Alger carte de la région.

- Le 26 et 27 Mai, l'armada quitta Toulon, destination Alger.
- Le 5 Juillet, Alger était française.
- La grande nouvelle, transmise par le télégraphe, fut portée à Saint-Cloud, par le ministre de la Marine.
Lorsqu'il l'eût annoncé au roi, ce dernier lui tendit les bras. « Aujourd'hui, on s'embrasse », lui dit, le roi Charles X.
- Ainsi se terminent, ces relations avec la Régence d'Alger.
Note :
La petite histoire nous raconte,
que c'est le baron d'Haussez, qui s'occupa de l'obélisque qui se trouve à Paris.
Ce projet avait été retardé par la difficulté du transport, il fit construire une gabarre pourvue de tout le matériel
pour le chargement, qui partant de Toulon, devait apporter sous les quais de Paris l'obélisque.
Ce projet fut réalisé pendant la préparation de l'expédition d'Alger.
Le rapatriement en France de l'obélisque prit un sérieux retard,
et, on oublie souvent, que c'est Charles Lemercier de Longpré, baron d'Haussez, qui est à l'origine de ce mode de transport.
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