Relations entre la France et la Régence d’Alger
Hussein dernier Dey de la Régence.
1818.
- En Février, le dey fut atteint par la peste, il désigna à l'avance son successeur le Khodjet el Kheil Hussein.
- Le 28 Février 1818, Ali atteint par le fléau mourut.
- Le nouveau et le dernier Dey de la Régence sera Hussein.
- Hussein ne désirait pas monter sur le trône, son entourage l'y contraignit.
Son premier acte fut la proclamation d'une amnistie générale et l'annulation de la plus part des décrets de son prédécesseur.
- Le brick français « Le Fortuné », fut attaqué, pillé, et vendu,
par les habitants du territoire de Bône, malgré ses réclamations la France, ne pût obtenir aucune réparation.
- Le 8 Juin, une ordonnance du roi, nomme une nouvelle commission,
elle est chargée de poursuivre et de terminer toutes les opérations relatives à la liquidation de la dette étrangère.
Elle est composée de MM. Mounier, Lély-d'Oisel, Ramond, de Malartie, et Jules Bessiéres.
- Le Congrès d'Aix-la-Chapelle a eu lieu du 29 septembre au 21 novembre 1818.
- Le 2 Octobre, les vainqueurs de Waterloo, votent l'évacuation immédiate du territoire français.
La convention entre les puissances alliés et le roi de France sera signée le 9 Octobre.
Elle précise que les troupes alliées doivent quitter le territoire français, au plus tard le 30 Novembre,
elle fixe également, le mode et les délais de paiements de la dette de guerre.
- Apres les négociations d'Aix-la Chapelle, la France redevient libre,
les troupes d'occupation, présentes depuis trois ans, quittent les départements français, les pénalités de guerres se réduisent.
- Le 10 Décembre, le Roi ouvrant la cession commença sont discourt par :
« Le drapeau français flotte aujourd'hui sur tout le sol de la France. »
- Note :
Les archives de La Calle, fournissent des informations importantes, sur l'état de délabrements des établissements français,
après les pillages et les dix passés entre les mains des Anglais.
On retrouve dans les livres de comptes les chiffres suivants :
Première année exploitation 20 Mars 1817 au 2 Avril 1818 :
Gains 202.905,34 francs Dépenses 189.371,90 francs Bénéfice 13.543,44 francs.
Deuxième année exploitation 2 Avril 1819 :
Gains 85.206,07 francs Dépenses 149.555,95 francs Pertes 64.349,884 francs.
Inauguration de la statue Heni IV par Louis XVIII le 25 août 1818.
1819.
- En septembre une escadre anglo-française, sous les ordres des amiraux Jurien et Freemantle,
se présentait devant à Alger pour signifier à la Régence, la résolution prise par les grandes puissances,
réunies en congrès à Aix-la-Chapelle, de mettre un terme à la piraterie des Barbaresques.
- Le Dey refusa, et répondit aux amiraux, qu'il mettrait en esclavage,
les sujets de toutes les puissances qui n'auraient pas traité, avec lui et qui n'auraient pas versé les redevances annuelles.
On ne donna aucune suite à cette affaire.
- Affaire Bacri et Brusnach.
- Le 28 Octobre, signature de la transaction entre le représentant des négociants d’Alger et l’Etat Français.
- Le 10 Novembre, le Marquis Dessolles , ministre des affaires étrangères,
signe un traité par lequel la France reconnait une créance de 7 millions, réclamée par
les Deys d'Alger.
La France s'oblige à payer cette créance en numéraire et par mois.
- Le 15 Décembre, la Régence d'Alger ratifie, dans le grand conseil, la transaction passée.
1820.
-
Le 13 Février, le duc de Berry est assassiné devant l'Opéra à Paris,
son assassin fut arrêter, il voulait tuer le Roi, mais ne pouvant l'approcher, il s'est rabattu sur le premier noble accessible.
- Suite à cet attentat, le gouvernement mettra en place deux projets qui seront adoptés par la Chambre.
- Rétablissement de la censure des journaux et écrits périodiques.
- Suspension de la liberté individuelle, c'est à dire, retour aux lettres de cachets pour l'arrestation des personnes.
- La France était divisée entre les ultra-royalistes, les partisans de Napoléon, et les fervents de la Charte.
Des manifestations ont lieux contre ces mesures.
Manifestation du 2 juin 1820, Mort du jeune étudiant Lallemand, tué par la garde royale.

- En Juillet, le Dey Hussein décida de porter la redevance des concessions à 200.000 francs.
- Le consul Deval signera ce un nouveau traité, le 24 juillet 1820.
Cette redevance avait plus que triplée, le Ministre des affaires étrangères, imagina qu'il allait avoir un peu de tranquillité,
avec la Régence d'Alger, mais ce nouveau sacrifice imposé à la France, n'allait pas calmer les revendications du Dey Hussein,
surtout en ce qui concerne l'affaire Bacri et Brusnach.
- Affaire Bacri et Brusnach.
- En Juillet, le Marquis Dessolles, ministre des affaires étrangères,
soumis aux chambres, au nom du roi, un projet de loi pour liquider l'affaire Bacri/Brusnach,
pour un montant de 7.0000.000 de francs, en vertu de la transaction passée entre les deux parties le 28 Octobre 1819.
La France avait encore fait un effort ou un sacrifice, pour maintenir la paix avec Alger.
Note :
En fonction de l'historien ou du narrateur, on a des versions totalement différentes de cette transaction.
Résumons la en quelques lignes.
- Deux conseillers d'état, les sieurs Baron Mounier et baron Hély d'Oissel,
avaient été nommés pour régler cette affaire avec le sieur Nicolas Pléville, fondé de pouvoir des deux négociants.
- Le montant réclamé par le fondé de pouvoir était de 13.893.844 francs, composait en grande partie des intérêts exorbitants,
réclamés par les deux négociants.
- Un accord fut trouvé, sur un forfait de 7.000.000 francs,
libérant ainsi, les deux négociants de justifier le montant réclamé, et surtout, d’effacer les réclamations des ordonnateurs,
MM. Aubernon et Daure, qui avaient conservé la trace de chargements de blé arrivés avariés, de fraudes reconnues, et,
de demandes de ces fournisseurs contestées.
- Les négociants ou leurs héritiers avaient des créanciers à Paris, Marseillais, et Libourne.
- Une transaction fut signée à Paris, elle comportait huit articles :
- Les articles 1,2,3, concernés la fixation des 7 millions, le mode et les termes de paiement.
- Les articles 4,5,6 et 7, concernés les créanciers des négociants d'Alger,
et la « récupération » des sommes empruntées par la régence d'Alger en 1801. - Article 8, concerne le Roi et le Dey.
Carte de Gigeri.

- L'Etat Français respectant ses engagements,
avait bien déboursé 7.000.000 de francs, dont 2.500.0000 ont été versés à la caisse des dépôts et consignations.
- Il y eu environ cinquante ou soixante jugements rendus sur cette affaire :
Bacri contre Burnash,
Bacri contre Bacri, les héritiers Bacri contre des négocians de Marseille, etc.
- Les intermédiaires dans cette affaire étaient :
M. Nicolas Pléville, sujet français, Busnach retiré à Livourne, Nathan Bacri, naturalisé français.
- Mais dans ce traité, on ne parlait pas de la somme due par les deux négociants à la Régence d'Alger.
- On peut comprendre l'agacement du Dey, devant l'absence de versement par
les deux négociants d'Alger, de sa part dans cette transaction, mais le Dey ne pouvait
s’en prendre qu'à lui-même, car il avait approuvé cet arrangement.
- L'article 1 était sans appel :
« L'Etat Français payera aux sieurs Jacob Cohen Bacri et Michel Busnach,
entre les mains du sieur Nicolas Pléville, leur fondé de pouvoire,
la somme de sept millions de francs en numéraire. »
- L’article 8 impliquait le Roi et le Dey. :
« Le présent arrangement ne sera exécuté qu'aprés avoir été approuvé
par le Roi, et aprés que le Dey aura déclaré, au nom de la Régence,
qu'au moyen de l'exécution de la présente transaction, il n'a plus aucune
demande à former envers le gouvernement français, relativement
aux créances des sieurs Bacri et Busnach, et qu'en conséquence,
il reconnait que la France a pleinement satisfait aux obligations
du traité du 17 Décembre 1801. »
- Fait en double à Paris, le 28 Octobre 1819.
- Signé : Mounier, Hély d'Oissel, Nicolas Pléville.
- En Septembre, la chambre votait le budget pour l'exercice 1821, pour un montant
de 875.800.630 francs, le Ministre des finances fut autorisé à prélever sur les crédits
des rentes des arriérés de 1801 à 1810, une somme de 7 millions, pour règlement
de l'arrangement en date du 28 octobre 1819, en exécution du traité du 28 décembre 1801.
1821.
- Les partisans de la royauté avaient la main mise sur la France,
on retournait allègrement vers les errances et les erreurs commises, après la défaite de Napoléon à Waterloo.
- L'esprit de la majorité à la chambre en cette année 1821 était :
Fortifier la religion, épurer les mœurs, appliquer la Charte, assurer la tranquillité intérieure, et renforcer la paix à l'extérieur.
- Le 5 Mai, Napoléon décède à Sainte-Hélène.
- Napoléon n'est plus, la Saint Alliance respirait, car malgré son isolement, l'Empereur la remplissait d'effroi.
Louis XVIII organisa une grande réception aux Tuileries.
- Les premiers signes de la maladie touchèrent le roi Louis XVIII.
1822.
- Les conspirateurs lèvent l'étendard de la révolte contre Louis XVIII.
- La France va vivre cette année,
dans les complots, les traîtrises et les dénonciations, avec son lot de procès, emprisonnements et mises à mort.
- Parmi cette longue liste, on citera :
- Le général Berton,
condamné à mort par la Cour royale de Poitiers, le 11 septembre 1822, et exécuté à Poitiers le 5 octobre 1822.
- Les Quatre Sergents de La Rochelle,
hostiles à la Restauration monarchique imposée par l’ennemi, dénoncés par un traître, et guillotinés le 21 septembre 1822.
Ils se nommaient Jean-François Bories, Jean-Joseph Pommier, Marius-Claude Raoulx, et Charles Goubin.
- Guerre Espagne/France.
- L’un des régimes les plus rétrogrades issus du congrès de Vienne était la monarchie espagnole.
Ferdinand VII avait eu à affronter une opposition libérale de plus en plus forte, qui aboutira, après un soulèvement militaire,
à la séquestration de la famille royale en juillet 1822.
- Au congrès de Vérone, le 22 octobre, les représentants des grandes puissances européennes décidèrent d’une intervention,
pour rendre le pouvoir à Ferdinand VII, et en confièrent, à la demande de M. de Montmorency, l’exécution aux armées françaises.
- Le Roi Louis XVIII avait demandé à l’armée française, d’établir « un cordon sanitaire »,
pour empêcher les idées révolutionnaires des Espagnoles de passer les Pyrénées.
Les derniers instants du général Berton.

1823.
- Une armée de 100.000 hommes, sous la direction du duc d’Angoulême, est massée le long de la frontière espagnole.
- Le 7 avril, l'armée des Pyrénées pénètre sans bruit en Espagne.
Elle ne rencontre guère d’opposition.
- En Octobre, les révolutionnaires d'Espagne sont battus, elle France avait rendu à Ferdinand VII ses prérogatives de souverain absolu.
Note : Les historiens qualifient cette campagne d’Espagne de « promenade ».
- Devant la situation espagnole, les barbaresques s'attaquent à leurs navires.
Les prisonniers Espagnoles furent mis en esclavage.
- Cette action des Barbaresques était une infraction au traité signe avec Lord Exmouth, et devenait une insulte à la nation britannique.
- Le consul anglais Hugh McDonell, émit des réclamations.
- Mais, le Dey refusa et accompagna son refus d'observations insolentes pour l'Angleterre.
Il précisa : « Devenue forte à son tour, la Régence pouvait et devait se délivrer de ce honteux traité. »
- Craignant pour sa famille, le consul anglais s'embarqua, sur une frégate anglaise, « la Naïade »,
et, il déclara officiellement que ce serait à bord de ce navire qu'il continuerait la négociation.
1824.
- Le 28 Juin, l'amiral sir Harry Neale parut devant Alger,
pour demander la libération des esclaves Espagnoles, et, quelques additions au traité de 1816, l'Angleterre souhaitait
une inviolabilité consulaire, et le droit d'arborer le pavillon national sur les lieux consulaires.
- Le Dey refusa, et il exigeât que le consul Macdonnel quitte la régence.
- Les hostilités s'ouvrirent le 11 Juillet.
- L'amiral tenta par quatre fois de bombarder la ville,
mais, il fut obligé de se retirer devant le feu supérieur des forts, il établit le blocus d'Alger.
- Dans la négociation qui a suivi,
le Dey accepta de respecter les termes du traité 1816, sur les droits consulaires et l'esclavage européen.
Mais refusa les demandes des Anglais pour le pavillon consulaire, et la réintégration du consul britannique, Hugh McDonell,
affirmant que sa sécurité personnelle ne pouvait être garantie.
- Le dey libéra les esclaves Espagnole, mais il exigea en échange, le départ du consul.
Les esclaves libérés embarquèrent sur un navire français, pour Toulon.
- Quelques critiques furent émises :
-
Sir John W. Croker, le secrétaire de l'amirauté, critiqua l'échec de Neale sur la réintégration du consul.
- M. William Shaler, le consul américain, décrit la docilité présentée par l'amiral britannique dans les négociations.
- L'Amirale Neale prit sa plume pour expliquer que McDonell était « personnellement inacceptable pour le Dey. ».
- En Août, à Londres le gouvernement publié la dépêche suivante :
« Le gouvernement a reçu ce matin des dépêches du vice-amiral sir Harry Neale, de la baie d'Alger, en date du 26 juillet dernier,
annonçant que les différends entre ce pays et l'Angleterre avaient été arrangés d'une manière satisfaisante, et que par suite de
cet accord les hostilités avaient cessé entre les deux pays.
L'amiral a transmis les détails, de l'opération qui avait été confiée à l'honorable capitaine Spencer du vaisseau de S.M. la Naïade.
En conséquence, l'honorable secrétaire G. Canning a notifié, aux ministres des puissances étrangères résidant près de cette cour,
que d'après l'issue favorable des négociations, le blocus d'Alger est levé.
- Le 16 Septembre, mort du roi Louis XVIII.
- Le 27 Septembre, Charles X, fait son entrée aux Tuileries.
- Le 29 Septembre, par ordonnance, il rétablit la liberté de la presse.
Charles X avait un peu rassuré les Français, mais cela n'allait pas duré.
Image d'Epinal de Hussein Bey, dernier Dey d'Alger.

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