Les Belles villes d'Algérie
Blidah
Comme de coutumes,
- nous allons illustrer deux faits divers,
survenus en 1845 et en 1860, avec les photos de la ville de Blidah des années 1900.
Le journal du Palais de 1867,
- nous indique, sous la plume de Tixier de la Chapelle, conseillé de la Cour Impériale d'Alger,
les détails de l'affaire suivante :
Corporation des Boulangers et la ville de Blidah contre
le sieur Lazerges représenté par le sieur Pauchon.
Le 11 février 1845,
- Le sieur Pauchon intervient entre le sieur Lazerges
et les six boulangers de la ville de Blidah, stipulant comme formant la corporation des boulangers,
une convention par laquelle, le sieur Lazerges, louait aux boulangers, pour le terme de 25 ans,
un bâtiment construit et disposé, pour recevoir les approvisionnements de farine, comme exigés
par la législation en vigueur.
- Cette convention,
fut approuvée par le Commissaire Civil et le Directeur de l'Intérieur à Alger,
et le 1° Novembre 1845, les boulangers prirent possession du bâtiment loué.
Blidah Le Monument aux Morts.

- Mais en 1853,
un arrête du Gouverneur général de l’Algérie, autorisa le libre exercice de la boulangerie,
libérant ainsi les boulangers de l'obligation de stocker les farines dans un entrepôt.
- Les boulangers de Blida, retirèrent leurs approvisionnements
du magasin central et se déclarèrent délivrés de leur engagement envers le sieur Lazerges.
- L'ordonnance de référé du 31 décembre 1853, condamna les boulangers.
Le maire de Blida, M. Lemoine Jules, prit à la date du 24 mai 1854, un arrêté
enjoignant derechef aux boulangers en exercice, ainsi qu'à tous ceux qui seraient ultérieurement
autorisés à exercer cette profession à Blidah, de déposer des approvisionnements au magasin central,
à défaut de quoi, le droit d'exercer leur profession leur serait retiré.
Le bail reprit, en conséquence, son exécution.
Blidah Le Jardin Ricci.
- Mais le 14 Juillet 1863,
le Gouverneur général de l'Algérie, proclame la liberté de la boulangerie,
et dispense les boulangers de l'obligation de faire des approvisionnements.
- Les boulangers de Blida enlevèrent de nouveau les farines,
déposées dans le magasin central et déclarèrent qu'ils n'avaient plus à exécuter le bail.
Blidah Une rue en 1912
- Le sieur Pauchon, représentant le sieur Lazerges,
a assigné tous les boulangers, à fin d'exécution dudit bail,
et la commune, comme garante de cette exécution.
- Il est à observer,
qu' à cette époque, aucun des boulangers,
qui avaient signé cette convention, du 11 février 1845,
n'était en exercice, d'autres les avaient remplacés.
- Le 14 Avril 1864, le Tribunal de Blidah,
repousse la demande du sieur Pauchon, mais toutefois,
condamne les boulangers à payer six de loyer , attendu,
qu'ils n'avaient pas donné congé.
- Bien entendu, le sieur Pauchon fit Appel,
le 26 Avril 1865, la Cour Impériale d'Alger rendit son arrêt.
- Résumé de l'arrêt de la Cour Impériale d'Alger.
La commune de Blidah :
Bien que la commune de Blidah, considérée,
comme ayant succédée au Commissaire Civil,
et au Directeur de l'Intérieure, il ne résulte de ce fait,
à la charge de la commune, aucune obligation prenant
naissance dans le bail intervenu le 11 février 1845.
Les boulangers de Blidah :
Attendu que les sept boulangers,
actuellement poursuivis, il n'en est aucun qui ait concouru au bail, que si le sieur Galiana,
a figuré parmi les preneurs du 11 février 1845, cette obligation ne lie pas sa veuve,
laquelle n'est ni son héritier, ni son ayant cause.
Si les boulangers ont déposé,
des farines, dans le magasin faisant l'objet du bail, ils n'ont agi en cela que par continuation
des errements existants et par obéissance à la règlementation professionnelle alors en vigueur.
L'engagement
des boulanger de Blidah, s'est éteint avec l'arrêter du Gouverneur général qui a proclamé,
la liberté de l'exercice de la boulangerie et affranchi par suite les boulangers de l'obligation
d'avoir un magasin d'approvisionnement.
La cour déboute ainsi M. Pauchon et libère les boulangers du payement de six mois de loyer.
Blidah Vue panoramique.
- Le sieur Pauchon se pourvoira en cassation.
- La cour de cassation
par son son jugement du 10 Juillet 1867,
rejettera le recours pour la commune de Blida,
mais cassera l'arrêt de la cour Impérial d'Alger en ce qui concerne les Boulangers.
- Nous voici revenu au point de départ,
malheureusement, je n'ai point trouvé la suite et la fin de cette affaire des boulangers de Blidah.
Les Zenboudj de Sidi Ia'qoub
- En 1863,
le sieur P. Arnavon, Imprimeur-Libraire Editeur à Blida, éditait ce livre :
Les Zenboudj de Sidi Ia'Qoub ( Le bois Sacré ).
Extrait d'un travail inédit sur Blida par le Colonel Corneille Trumelet.
« Notre caravane était arrivée,
à hauteur du jardin des oliviers, que les français nomment aussi le Bois-Sacré. Pourquoi ?
- Est-ce par réminiscence du lieu où Jésus but le calice d'amertume ?
- Est-ce parce qu'il renferme une koubba, où repose le saint marabout Sidi Ia'qoub-ech-Cherif ?
- Est-ce enfin parce qu'autrefois, ce bois fut arrosé de sang français ?
Tout ce que nous pouvons dire, c'est que la dénomination de Bois-Sacré n'est pas indigène,
et que les Arabes appellent ce lieux « Les Zenboudj de Sidi Ia'qoub »
»
Blidah Le Bois sacré
« Ce bois, converti en jardin public, il y a quelques années était en 1860,
mal tracé, mal planté, mal irrigué, mal entretenu, les chaises rustiques boitaient très-bas,
les saules pleuraient toutes leurs feuilles avant terme, les arbustes devenus phtisiques.
Le bassin, vaste mare, ne contenait que des eaux jaunâtres plafonnées de feuilles mortes
où s'ébattait en toute sécurité la gent coassante des batraciens.
Aussi ce bois avait-il beau avertir en français et en arabe qu'il était le Jardin public,
personne, néanmoins, n'y mettait les pieds, à l'exception, pourtant, des Khoddam de Sidi Ia'Qoub,
qui le samedi, allaient en zîâra sur le tombeau.
Un jour, c'était en Septembre 1860,
Blida est prise d'une folle joie, elle vient d'apprendre que le souverain des Français,
en route pour visiter son royaume d'Afrique, doit s'arrêter dans ses jardins, qu'on lui a dépeint,
sans doute, beaux à humilier ceux d'Armide. »
Blidah Le marché Indigènes
« Soudain la coquette, qui sait qu'un brin de toilette,
n'est jamais de trop, même pour une jolie fille, se met à se parer de ses plus beaux atours.
Ses rues sont balayées à fond, ses maisons sont badigeonnées en rose,
elle met des arcs-de-triomphes en calicot dans sa chevelure, les chemins par lesquels, on arrive à elle,
habituellement plus accidentés que le dos d'Esope, sont nivelés à faire envie au lac tranquille,
leurs fossés sont rasés de frais, les buissons et les arbres époussetés.
Après une vive discussion,
Le Jardin Public avait été choisi comme le lieu le plus convenable pour recevoir les illustres hôtes,
qui daignaient honorer Blidah de leur présence, mais il y avait beaucoup à faire et il ne restait que
peu de temps pour le rendre digne des augustes visiteurs. »
Blidah Le Boulevard Trumelet
« On se mit aussitôt à l'œuvre,
on éleva une porte monumentale sommée d'une paire de boules, la grille devait venir plus tard,
on bâtit un kiosque de style mauresque pour faire pendant à la koubba du saint marabout.
Dans le jardin,
les allées furent semées de cailloux, le tracé fut rectifié, les plates-bandes furent sarclées, écobuées,
ratissées, hersées, les arbres furent échenillés et émondés, les chaises rustiques réparées,
les grenouilles chassées impitoyablement de la grande mare, que l'on emplit d'eau claire.
En peu de jours,
grâce au zèle, à l'activité, au bon goût de l'horticulteur en chef,
la broussaille publique était transformée en un délicieux jardin, qui n'ait plus guère que le défaut
d'être un peu éloigné de la ville et de faire vis-à-vis à un abattoir. »
La visite de la Ville de Blida se poursuit sur la page suivante.
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