Les Petits Villages pendant la présence Française en Algérie
Gouraya
La route nationale 11 longe la mer,
- avant d’entrée dans la petite ville de Cherchell,
à gauche, dans la verdure des lentisques et des aloès, nous voyons les premières ruines :
C’est l’amphithéâtre qui vit se dérouler tant de combats de gladiateurs,
de luttes contre les bêtes féroces, de martyres, notamment celui de Sainte Marcienne.
Au-delà de Cherchell, la route, - œuvre admirable de nos ingénieurs, s’accroche aux replats étagés au flanc du Dahra, au-dessus de
la Méditerranée, cette corniche suit fidèlement les contours d’une côte ciselée de mille détails,
de temps en temps la route traverse de petits villages européens, régulièrement échelonnés :
Novi, Fontaine du Génie, Gouraya, héritière du comptoir phénicien Gunugu.
Iol Caesarea Cherchell
Amphithéâtre romain.
Le site archéologique- que l’on désigne généralement sous le nom de Gouraya
se trouve en réalité à trois kilomètres environ à l’ouest du village côtier crée par les Français 1873,
au point de vue des antiquités phéniciennes, c'est le plus important de la côte Algérienne.
- Sur le promontoire, aux flancs abrupts, qui domine la mer,
se dresse le Marabout de Sidi Brahim-el-Krouas, à l’emplacement occupé jadis par une petite ville.
Le routier romain qu’on appelle l’itinéraire d’Antonin et
une inscription latine,
trouvée en ce lieu, par M. Gauckler, lors des fouilles en novembre 1891 sur la propriété de M. Bonnefoy,
nous apprennent qu’elle se nommée Gunugu, mot d’origine libyque ou phénicienne.
Cette inscription latine parle d'un gouverneur de la province de Bélique, jusqu'à présent inconnu,
C. Fulcinius Fabius Maximus Optatus, mais seulement les lettres RESP G, nous donnent des indiations
sur ce lieu dans l’itinéraire d’Antonin et prouve qu’il faut lire : resp(tiblica) G(unugitanomm)
Gouraya Vue générale.
L’empereur Auguste- est à l'origine de la création de Gunugu, elle ne parait pas s’être développée sous la domination romaine,
elle était trop proche de la capitale de la province, Caesarea.
- Un aqueduc, dont on reconnaît les vestiges en plusieurs endroits amenait à Gunugu,
l’eau de l’oued Melah, qui coule à quatre kilomètres de là, à l’ouest.
- Le port se trouve au pied du promontoire, dans une anse étroite,
quelques ruines d’une jetée figuraient encore en 1892.
- Plus tard, après la conquête de l’Afrique du nord par les musulmans,
elle s’appela
Brechk, elle subsista une partie du moyen âge et fut citée dans les récits de guerres.
Un écrivain du X° siècle, Ibn Haucal, décrit ainsi Brechk :
« Elle est entourée d’une muraille, maintenant en ruines, possède des eaux courantes
et quelques bons puits, la plus part des habitants sont des Berbères. ».
En 1790,- il ne restait plus rien des ruines Romaines ou Berbères,
le Marabour de Sidi Brahim-el-Krouas, a été construit avec des matériaux antiques,
les chercheurs ont remarqué un tronçon de colonne en marbre et d'énormes blocs massif épars sur le sol.
Ce site à d’ailleurs été habité dès la plus haute antiquité, le promontoire des tombeaux puniques
ont été découverts par différentes fouilles réalisées par les chercheurs dès 1889.
Stéphane Gsell, le Docteur Marchand, Gauckler, Gardaillae, Waille, Wierzejski
et beaucoup plus tard, François Missonnier en 1932 y ont participé.
Gouraya Eglise du village
Gouraya
- est une ville côtière à l'ouest d'Alger,
elle est située à 128 Kms de la capitale,
55 Kms de Tipaza et 28 Kms de Cherchell.
- Avant la création de Tipaza,
Gouraya, créée en 1873 était rattachée successivement,
à Orléansville, puis à B1ida.
- Gouraya fut connue
pour ses magnifiques plages et son port de plaisance,
dans un paysage de monts littoraux indépendants du
Zaccar (1.579m), couvert de chêne-liège et de pins d’Alep.
- Les terres environnantes sont arrosées par les oueds :
Béni-Messous, Mazafran, Djer, Damous.
- Elle fut détruite en 1891
par un important tremblement de terre.
L'exemple de Gouraya en 1906 peut illustrer la situation complexe de l’Algérie.
- Sur les 1.863 ha de la commune de plein exercice vivaient 532 habitants,
décomposés de la manière suivante :
223 citoyens français : - 212 Français de souche,
- 10 naturalisés par décret,
- 1 naturalisé par la loi de 1889,
fils d'étranger, né en Algérie qui a opté pour la France au moment de la conscription.
309 non-citoyens français : - 135 étrangers : 102 Espagnols, 25 Italiens, 1 Maltais, 7 divers
- 174 sujets Français musulmans.
- Aux 532 habitants du village, il faut ajouter les 4.104 habitants musulmans
qui peuplaient les deux douars-communes
des Addala et des Foughal.
La densité réelle de la population des communes et des douars était de 50 au km2,
mais la densité réelle de la commune de Gouraya était seulement de 28 au km2,
cette différence s’explique par le nombre d’enfants par foyer.
- Chaque chef de famille
des 532 habitants de la commune avait pu recevoir de 25 à 30 ha des terres de la commune.
Gouraya La Mairie.
Le gouverneur Jonnart, bienfaiteur de la ville de Gouraya.
Le gouverneur Général Charles Célestin Auguste Jonnart (1857-1927), - voulut faire de Gouraya, un exemple,
car sur la commune se trouvait la résidence d'été des gouverneurs généraux d'Algérie.
- Charles Jonnart, trois fois Gouverneur Général de l'Algérie :
- Le 3 Octobre 1900, il succéda provisoirement à Edouard Laferrières, jusqu’au 18 juin 1901.
- Le 5 Mai 1903, il remplace Maurice Varnier, jusqu’au 22 mai 1911.
- Le 29 Janvier 1918, c’est Charles Lutaud qu’il remplacera jusqu’au 29 Août 1919.
- C’était un de ces intellectuels de l'époque
qui voyait, en Algérie, l'occasion d'une mixité culturelle qui pouvait s'épanouir.
Ainsi, il donna le nom de « Bois sacré », au grand domaine où se trouvait la demeure du gouverneur.
Ce domaine avait été vénère par les Grecs, puis par les indo-européens, au milieu du domaine entre
la belle fontaine et la demeure,
il y avait une pierre plate, une légende disait qu’elle était « tombée du ciel ».
- Le choix de ce nom, « Bois sacré »,
ne correspond pas au décor hispano-Mauresque,
qui plus est, à moins de 2 km des fouilles de Stéphane Gsell sur le promontoire de Gunugu, il donne,
sans doute une indication de l'éthique du Gouveneur.
- C'est ce style néo-hispano-mauresque qui devient le « style Jonnart »,
C’est celui de la Grande Poste, de la Préfecture, de la Dépêche Algérienne à Alger.
- Ces deux neveux, Henri et Robert,
rachètent deux concessions qui encadrent le village de Gouraya à l'ouest et à l'est.
On retrouvera le « style Jonnart », dans les deux maisons de ses neveux.
- Dans tous les coins du village le style sera présent :
l'Hôtel du Commerce, l'Hôpital, la Poste et les trois écoles primaires.
Le village pourra dire : Merci, Monsieur le Gouverneur.
Le gouverneur Général Charles Célestin Auguste Jonnart.
La visite du Village de Gouraya se poursuit sur la page suivante..
Les Petits villages d'Algérie