Les Petits Villages pendant la présence Française en Algérie
Dély - Ibrahim
La propriété en Algérie (suite).
Épilogue :
- Genty de Bussy,
en 1834, nous donne quelques informations sur la propriété dans la Régence d’Alger.
- Contrairement aux idées reçues,
les propriétés vacantes, ne revenaient pas à la Régence d'Alger, ni aux Beyliks qui gouvernaient les régions,
c'est le Beit el-mal, ou agent des successions vacantes, qui profitait seul des déshérences.
- Contrairement aux pratiques dans l'Empire byzantin,
où les Turcs furent impitoyables pour les vaincus qui étaient des Chrétiens,
dans la Régence d'Alger, les vaincus étaient des Musulmans, comme les vainqueurs,
il y eu un peu de respect pour les personnes, et beaucoup pour les propriétés.
L' Avenue d'Alger.
- Les propriétés des particuliers étaient de quatre sortes :
- Les biens melks
- les biens habous
- les biens anas
- les biens chirkas
- Les biens melks
sont ceux qui sont entièrement libres et peuvent être vendus à des particuliers.
- les biens habous,
sont des biens grevés,
ils iront à la mort du ou des propriétaires dans l'escarcelle des établissements religieux.
Les possesseurs de biens habous, ne sont que de simples usufruitiers.
- les biens anas
ne sont, autre chose que des biens habous à rente perpétuelle,
à charge par l'acquéreur de desservir entre les mains de qui de droit, les rentes dont ils sont tenus.
- les biens Chirkas
sont ceux dont la propriété est indivisible entre plusieurs individus, mais, ils peuvent être vendus
à des particuliers.
Allée du bois Descars.
La caisse du Beit el-mal,- était une succursale de celle de l'état,
le registre des recettes et des dépenses était tenu en triple exemplaire,
un par le saïdji, les deux autres par l'âdel et par le khodja pour le compte du beylik.
- Le Beit el-mal était à la fois,
curateur aux successions vacantes et fondé de pouvoir du beylik dans toutes les successions malékites.
Il prélevait un droit de succession,
de dix pour cent sur le montant brut, avant remboursement des créances et des frais.
Conclusions : - Personne ou presque personne, n’avait de titre de propriété.
- Les Notaires d’Alger,
ne pouvant réclamer les titres, ne pouvant pour des problèmes de sécurités se rendre sur les lieux,
transcrivaient les informations transmises par les présumés propriétaire de biens Chirkas.
(environs 80 % des cas de litige).
- L’administration domaniale était complètement dépassée par l'ampleur des achats et des ventes.
- A partir de 1841 et jusqu’en 1870,
les tribunaux étaient surchargés d’affaires concernant les achats, les ventes, les rentes,
l’utilisation de parcelles, le payement des fermages.
- La Maures ou les Arabes,
ayant une confiance limitée dans la parole des Chrétiens,
revendaient par anticipation leurs rentes, à des usuriers, qui ensuite, poursuivaient en justice,
les nouveaux propriétaires de parcelles, dont la surface avait été multipliée par dix ou par cent,
par le présumé propriétaire.
Notes :
- Sur les Cent cas décrits dans les ouvrages de M. Baillet,
le cas N°37,
m’a semblé relativement simple, malgré les problèmes de surfaces et de fermages.
La place du village.
L’église réformée - Les protestants.
- On ne pouvait pas parler de Dély-Ibrahim, sans parler des Protestants.
L’église Réformée d’Alger fut officiellement constituée en 1835, mais elle dut attendre quatre ans,
avant de disposer d’un lieu reconnu, c’est par l' Ordonnance Royale du 31 octobre 1839,
que fut organise le culte protestant en Algérie
- Ce fut grâce à l’obstination et aux relations de Jean-François Sautter de Généve,
que furent crées l’oratoire de Dély-Ibrahim, le temple d’Alger et les écoles protestantes.
- A Dély-Ibrahim, terre des premiers protestants,
Le pasteur Jacques-Timithée Durr, de la confession d’Augsbourg, voulut construire un temple,
il en fit la demande pour ses 302 protestants, mais il essuya un refus, jusqu’en 1850.
Le prêche avait lieu, le Dimanche, dans une chambre loué aux frais du gouvernement.
- Enfin, un temple fut érigé,
hélas, il se dégrada rapidement, il fut démoli au début du siècle et reconstruit au même endroit,
sur un terrain proche et dépendant de l’orphelinat, on rajouta le clocheton vers 1951.
Le Temple à Dély-Ibrahim.
Un comité de secours,- fut créé en 1844 par le consistoire protestant d’Alger,
pour les orphelins protestants, des camps de Dély-Ibrahim et Kouba, et de la ville d’Alger,
un orphelinat fut ouvert, ces débuts furent très difficiles.
- En 1849,
l'orphelinat comptait 8 garçons et 9 filles, en 1851, 17 garçons et 20 filles.
- En 1852, les enfants suivaient leur scolarité dans des écoles primaires protestantes dirigées par :
- M. Merz pour les garçons.
- Madame Costaplane, pour les filles.
Le culte était assurait par :
- M. et madame Meymac pour les garçons.
- Madame de Schiffer pour les filles.
- C'est en 1852,
que le gouverneur de l’Algérie, remettait provisoirement au consistoire,
l’ancien camp de Deli-ibrahim, qui comportant des bâtiments et trois hectares de terre cultivable.
Sur cette emplacement sera crée le nouvel orphelinat de garçons,
les frais pour les travaux de conservation ont été financés par les bénéfices d’une loterie organisée par
les protestants en 1851, pour une montant de 5.918 f.
La rue des écoles à Dély-Ibrahim.
- Pour l’orphelinat des filles,
les orphelines et le personnel étaient installés dans un bordj désaffecté appelé « la gendarmerie »,
le Consistoire espérait la donation par le gouvernement d’une parcelle domaniale à Dély-Ibrahim.
- Dès 1848,
des traités ont été passés entre l’administration et l’ensemble des orphelinats d’Afrique du Nord.
- Un décret a réglementé, le régime général, la pension et l’éducation des élèves,
chaque orphelin recevait une allocation en fonction de son âge.
- Vers 1860,
Le gouverneur de l'Algérie, offrit, enfin la parcelle espérée par le Consistoire.
Un orphelinat mixte, y fut établi, dans une belle propriété, qui était précédemment connue
sous le nom de Ferme Mazères.
Outre les subventions du gouvernement, l’orphelinat était entretenu par des souscriptions,
et par le revenu annuel des terrains cultivés par les orphelins adultes.

- Désirant construire un orphelinat en pierre,
une souscription fut lancée, le nouveau bâtiment fut inauguré le 22 octobre 1899,
d’autres constructions vinrent agrandir l’orphelinat au cours des années suivantes.
- Claire-Colline,
tel était le nom de cet orphelinat, baptisé ainsi en raison de sa situation géographique,
il était le seul orphelinat protestant d’Afrique du Nord.
- En 1852,
Les membres du consistoire d'Alger pour les hommes étaient :
- M. Monod (pasteur), président,
- M. Durr (pasteur),
- Wolters Lamoureux Hasenwinkel Merz Bielet
- Pour les Dames :
- Mmes Brown, présidente,
- Philip Monod Tassin Broca Rivière Morange Bieler.
La statue dans le bois Descars.
La visite du Village de Dély-Ibrahim se poursuit sur la page suivante..
Les Petits villages d'Algérie