Les Petits Villages pendant la présence Française en Algérie
Dély - Ibrahim
La propriété en Algérie.
Extrait des rapports de M. Baillet, Gestionnaire de patrimoine, de 1846 à 1852.
- En 1833,
un consortium de propriétaires Métropolitains,
achetait des terres dans la région d’Alger, ils pensaient avoir acquis, plus de 40.000 hectares,
en échange d’un bouquet de 297.000 f, et d’une rente annuelle de 9.317 f, versée jusqu’en 1841.
- En 1851,
suite à divers appels de fond, la somme versée s’élevait à 457.191 f,
de sorte qu’avec les capitaux sortis, depuis 1833, et, en y ajoutant l’intérêt légal en cours,
c’est une somme de 1 million, qui a été engagée.
Le centre du village.
En Décembre 1851,- les propriétaires n’avaient touché, à ce jour aucun centime de revenu !
Les frais divers s’élevaient à 6.000 f par an.
- Les acquisitions comprenaient 100 propriétés, dans le Sahel et la Mitidja,
un domaine digne des marquis de Carabas.
Mais, il n’en était rien,- ils ne savaient même pas,
où se situaient leurs propriétés,
et,
n’avaient reçu, aucun titre de propriété, des différents notaires d’Alger.
- Quelques exemples, de duperie, dont ils ont été victimes :
- Propriétés :
- N°2 Terre El-Yman vendue pour 4.102 hectares surface réelle 204 hectares,
elle appartenait à l’Imam Malékite, de Koleah.
- N° 10 Ben-Hassem vendue pour 430 hectares surface réelle 7 hectares 80 ares.
- N° 12 Terre de Marman vendue pour 4.150 hectares surface réelle 736 hectares.
vendue par un membre de la famille Embarek.
- N° 51 Ben-Rouab et Ben-Salah vendue pour 1.230 hectare,
surface réelle 2 hectares, 56 ares 60 centiares.
- N° 60 Terre Charffa, près de l’Arba, vendue pour 1.333 hectares surface réelle 7 hectares.
- et cetera . . . . et cetera.
Ecole des filles.
En 1840 et 1842,- Le Gouverneur de l’Algérie,
mis le séquestre sur un certains nombre de propriétés, et, sur leurs propriétaires présumés.
- En prenant cette mesure,
l’administration domaniale, a du ouvrir des registres, dans lesquels, elle a indiqué :
- Les noms des Propriétaires Arabes, le nom des propriétés, leurs situations et la surface réelle.
- C’est en partie, grâce à ces registres,
que pendant plusieurs années M. Baillet, a pu a démontrer, la tricherie sur les surfaces réelles,
sur les transactions réalisées pendant les années 1833 et 1834.
Propriété N° 37.
- En 1834, le consortium achetait,
les propriétés Caudiat-Raien  et Cochet-Faraoun,
pour une surface de 50 hectares, moyennant une rente
de 108 f, payée jusqu’en 1841.
- Puis, en l'absence de titres de propriétés,
le consortium a saisi les tribunaux d’Alger en 1841.
- Cette rente a été réduite à 24 f pour défaut de contenance,
par le tribunal d’Alger, le 9 octobre 1851.
- En 1852, le vendeur est décédé,
mais, l’un de ses enfants habitait toujours Chéragas.
- Ces deux propriétés,
étaient situées dans la commune de Dély-Ibrahim.
- En 1842, les propriétaires réclamèrent au notaire,
les titres de propriétés.
- En 1843, n’ayant reçu aucune réponse,
ils demandent à l’administration domaniale,
la délimitation et la remise des titres de propriétés.
- En 1844, M. Savary prédécesseur de M. Baillet ,
fit des démarches sur place pour récupérer les titres et la délimitation.
L’administration lui répondit, que ces deux propriétés avaient été prises par le Domaine,
et données
aux colons de Dély-Ibrahim.
- Le 18 Juillet 1848, la délimitation administrative eut lieu,
elle fut effectuée par M. Lapaine, assisté de M. Peringuet, et de l’interprète de Douéra,
en présence, du présumé propriétaire Arabe, M. Sid-Brahim-Ben-Omar et du Caïd Soliman,
qui avaient indiqué les limites de ces deux parcelles de terres et sur les observations desquelles,
M. Peringuet, en avait dressé le plan visuel.
La partie de boules.
Le 8 Août 1850, - un arrêté du conseil de préfecture, décida qu’il n’y avait pas lieu à homologuer cette délimitation,
en raison de leur situation de Dély-Ibrahim.
- A la fin de 1850,
M. Delfraissy, huissier de justice, finit par connaître la situation des deux propriétés,
il apprit qu’elles étaient occupées par M. Mazéres, propriétaire à Dély-Ibrahim qui en récoltait les foins.
- M. Baillet, rendit visite à M. Mazéres, qui lui assura avoir acheter cette propriété en 1836,
propriété déjà vendue en 1834, sans toutefois lui présenter, les titres des propriétés.
Il visita les deux parcelles :
- Coudiat-Raien : 9 hectares 12 ares 85 centiares
- Cochet-Faraoun : 2 hectares 6 ares 10 centiares.
Elles figuraient sur le plan cadastral de Déli-Ibrahim.
Le monument aux morts.
- Il se rendit au service de la topographie,
voulant vérifier, si le plan relatif à Dély-Ibrahim reproduisait ces deux pièces de terrain,
et concordait avec le plan de M. Peringuet.
- Il résulte de cette démarche,
que le plan parcellaire de Dély-Ibrahim, dressé en 1846, par M. Claris, géomètre, indique que :
- la parcelle de terre Coudiat-Raien est enclavée par :
le N° 768 du plan, appartenant à M. Rumlé,
le N° 792, appartenant à M. Chavinel,
les N° 849, 850 et 851, appartenant à M. Mazéres,
dont la propriété est séparer du N° 851, par le chemin de Staouèli à Dély-Ibrahim.
- La parcelle de terre Cochet-Faraoun, est bornée d’un côté par,
le N° 800, appartenant à M. Montagnac, de l’ autre côté,
le N° 804, appartenant à M. Ben-Ouissa, et à l’autre bout,
le N° 809, appartenant à M. Mohamed-Ben-Haouda,
le N° 849, appartenant à M. Mazères.
- Lors de cette visite,
on précisa à M. Baillet, que en 1846, le Maire de
Dély - Ibrahim était M. Mazères.
Dély - Ibrahim Le groupe scolaire.
- Autre précision,
un petit ruisseau nommé l’Oued Boukitons, coule a une extrémité de la parcelle de Goudia-Raien,
et sert de limite avec le terrain de M. Chavinel, dont la propriéte est indiquée comme limite
des concessions faites aux colons de Dély-Ibrahim.
Le 28 Octobre 1852,- le tribunal d’Alger, nommé trois Experts,
pour aller vérifier si,
M. Mazéres, occupe et cultive les terres composant ces propriétés.
- Les conclusions des trois experts, font ressortir que M. Mazères ne cultivait pas ces terres,
mais, qu'il récoltait les foins de ces deux prairies.
En 1853,- les propriétaires de ces deux parcelles, n’avaient toujours pas toucher, le moindre centimes,
malgré les frais de justice engagés depuis 1842.
La Mairie du village.
La visite du Village de Dély-Ibrahim se poursuit sur la page suivante..
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