Barberousse
Khayr Al-Din ou Kheïr-ed-Din
L'alliance avec Soliman.
En 1529,
- Le sultan Soliman doit faire face à la prise de Budapest,
avec sa grande armée, il reprend la capitale hongroise, puis décide de pousser jusqu'à Vienne.
- Les Turcs mettent le siège devant la ville,
du 27 septembre au 16 octobre 1529, suscitant une immense émotion dans la chrétienté.
- Mais l'arrivée de l'hiver, oblige Soliman
à lâcher prise et à amorcer le retour vers Constantinople qui se fera dans des conditions effroyables.
En 1532,
- Le sultan Soliman,
qui conteste à Charles Quint son titre d'empereur, déclenche une nouvelle campagne contre les Habsbourg,
après avoir traversé la Hongrie, il fait une incursion symbolique, mais, très destructrice, en Styrie,
au cœur des possessions patrimoniales des Habsbourg, ces derniers demandent une trêve.
En 1533,
- contraint de partir défendre l'Allemagne, Charles Quint n'oublie pas,
lorsque s’ouvrent les pourparlers à Constantinople, de réclamer à Soliman, la Régence d' Alger.
Il lui sera répondu :
« Alger, appartient désormais à Barberousse, et, qu'il n'est point au pouvoir du sultan de la lui enlever ».
Soliman II le Magnifique.
Soliman,
- a fait de la flotte, modeste, qu'il a héritée de ses prédécesseurs, la première puissance navale
en Méditerranée, grâce, en particulier,
au ralliement de Barberousse, le maître d'Alger.
- Invité par le sultan, Barberousse, arrive à Constantinople avec sa flotte en Mai 1533.
- Il apporte en présent,
- des centaines d'esclaves, des bijoux, des objets en or, des tissus de soie
chargés sur 100 chameaux et divers animaux d'Afrique.
- Il demande solennellement le rattachement d'Alger à l'Empire Ottoman.
En 1534,
- Voulant prouver au sultan, qu'il s'était attaché non seulement un véritable marin,
mais aussi un courtisan plein d'imagination, il décide d'enlever, pendant l'été 1534,
la belle Julie de Gonzague pour l'offrir au harem de Soliman.
- Ce magnifique présent,
ne serait-il pas dans l'avenir, un gage d'incalculables avantages, pouvant servir ses ambitions.
- Mais, l'enlèvement manqué, Khayr al-Din cherche à réparer sa déconvenue
et débarque à Bizerte
avec 8.000 janissaires. Il y est accueilli par une population enthousiaste.
- A Bizerte, il nourrit un nouveau projet, offrir au sultan Soliman,
un royaume qui serait la clef de la Méditerranée occidentale : La Régence de Tunis.
- Prenant prétexte que son souverain,
le prince Moulay Hassan, allié des Espagnols ne reconnaît qu'à moitié la suprématie de la Sublime Porte,
Barberousse apparaît avec sa flotte à l'entrée de la rade de Tunis et la ville tombe en son pouvoir.
- Barberousse,
chasse le sultan Moulay-Hassan, et impose ainsi, son autorité sur toute l'Afrique septentrionale.
- La riposte ne se fit pas attendre.
Portrait du sultan Solliman II.

Alliance de François 1er avec Soliman.
François I est soulagé :
- Les Turcs à Tunis constituent pour Charles Quint une menace permanente,
et celui-ci ne pourra plus espérer faire de la Méditerranée une mer espagnole.
- La prise de Tunis, par Barberousse, décide le roi de France à contracter une alliance avec Soliman.
- En effet, la redoutable puissance de l'empereur Charles Quint,
poussa François Ier à rechercher des alliés par tous les moyens, le « roi très-chrétien » ne craignit pas
de s'entendre avec les princes protestants d'Allemagne, et même avec les Turcs musulmans.
- François 1er envoie un ambassadeur permanent auprès de la Sublime Porte,
Jean La Forest, gentilhomme d'Auvergne, esprit cultivé, pacifique et doux.
- Jean La Forest est chargé d'une double mission.
- Il doit trouver Barberousse à Alger et solliciter, en échange d'une aide en fournitures du roi,
le secours de sa flotte pourseconder les expéditions françaises contre Gênes et la Savoie.
- Il doit ensuite se rendre à Constantinople et demander à Soliman aide financière et militaire.
Notes :
Le soutien de Soliman resta précaire,
et la France dut payer une forte indemnité aux Turcs pour qu'ils évacuent Toulon en 1542.
La paix de Crépy marqua un retournement d'alliance radical,
François Ier s'engageant à lutter aux côtés de Charles Quint contre le Turc.
François I roi de France.

Charles Quint chasse Barberousse.
Tandis que François I
- est en pleine tractation avec la Sublime Porte, Charles Quint prépare, une expédition contre Tunis.
- Cette expédition fait partie d'un vaste projet, débarrasser définitivement le littoral africain de
la présence barbaresque et se retourner ensuite contre Constantinople, l'enlever et réaliser
son rêve de Méditerranée espagnole.
- Le 14 mai 1535,
l'empereur Charles Quint, prend la tête d'une expédition forte de 400 navires et 33 000 hommes
qui réunit l'ensemble de la chrétienté à l'exception de Venise et de la France.
- Le 16 juin,
l'expédition débarque entre Carthage et La Goulette, à Porto-Farina, petite ville située au fond
d'une anse où, trois siècles plus tôt, le 25 Aout 1270, Saint Louis avait débarqué au moment de
sa dernière croisade, son armée avait été décimée par la peste.
- Les opérations de siège contre La Goulette et Tunis commencent aussitôt.
Le siège de La Goulette en 1535.
- Vingt-cinq mille fantassins et six cents cavaliers sont lancés à l'assaut du château de La Goulette,
forteresse située à l'entrée du chenal menant à la rade de Tunis.
- Barberousse était résolu à se défendre,
avec les 9000 hommes, dont il disposait, et des contingents auxiliaires assez nombreux fournis par les Maures,
qui n'hésitent pas à faire cause commune avec les Ottomans, qu'ils avaient combattus un an auparavant.
- Pendant trente-deux jours,
la forteresse résiste à la double attaque de l'armée de Charles Quint et de la flotte d'Andréa Doria,
mais, à bout de ressources, le 4 juillet, elle finit par se rendre.
- Une fois la forteresse investie par les forces espagnoles, Barberousse n'est plus en mesure de s'opposer
à un débarquement, il se réfugie à l'intérieur des terres avec son armée, et essaie de tenir en échec
les troupes impériales sur un terrain, où le soleil et la soif lui assureraient le succès.
- Deux semaines plus tard, l'armée espagnole livre bataille aux Ottomans et aux Maures
dans la plaine de l'Ariana et assiège Tunis dès le 14 juillet.
- Les esclaves chrétiens qui étaient plus de 25.000, réussissent à s’échappés des bagnes de la ville.
Ils se rendent maîtres de la kasbah et d'une partie de la ville, toute résistance étant devenue aléatoire.
- Les esclaves chrétiens ouvrent les portes de Tunis à l'armée Espagnole et Charles Quint
pénètre dans Tunis, le 21 juillet, par le faubourg de Bab Souika.
- Barberousse s'enfuit
dans les montagnes avec les restes de son armée, d'où il rejoindra la route de Bône, puis celle d'Alger.
Barberousse
- répara cet échec par les coups d'audace dont il était coutumier,
il pilla Majorque et chargea sur ses navires un nombre extraordinaire de captifs.
La nouvelle de cette razzia parvint à Rome au milieu des fêtes données pour célébrer la prise de Tunis.
L'empereur Charles Quint

Le sultan lui donne sa flotte.
En 1536,
- Le sultan Soliman, inquiet des visées de Charles Quint sur l'Afrique du Nord,
s'empresse de faire appeler Barberousse à Constantinople.
- Barberousse est l'homme de mer qui lui manque pour que la marine ottomane devienne maîtresse
de la Méditerranée, Il songe à réaliser un vieux projet, nommer le roi d'Alger grand-amiral de sa flotte.
Le sultan lui donna, avec le titre de capitan-pacha, le commandement de sa marine.
- Deux mois plus tard,
Barberousse apparaît dans les eaux du
Bosphore, ses vaisseaux pavoisés d'étendards.
Il est reçu dès le lendemain de son arrivée en grande pompe par Soliman.
- Mais les membres du Divan, ( conseil des ministres ), parmi, lesquels se trouvent des Turcs de vieille souche,
accueillent avec réserve le projet du sultan de nommer le roi d'Alger amiral de la flotte ottomane.
Etait-il sage de confier un commandement aussi important à un corsaire
sans foi ni loi,
à un aventurier né d'une mère chrétienne ?
- Devant cette opposition, Soliman hésite.
Soliman II reçoit Barberousse.

- Il envoie Khayr al-Din Barberousse,
à l'homme qui a toute sa confiance, le grand vizir Ibrahim, né également d'une mère chrétienne.
- Grand connaisseur d'hommes,
Ibrahim distingue dans le farouche corsaire, l'homme qu'il fallait à l'Empire.
- Au lendemain de l'entrevue, le grand vizir écrit au sultan :
« Nous avons mis la main sur un véritable homme de mer, nommez-le sans hésiter,
capitan pacha, membre du Divan et commandant de la flotte. »
- Dès son retour à Constantinople, Khayr al-Din Barberousse reçoit, des mains de Soliman,
un yatagan, une enseigne impériale, et un bâton de Justice, symboles du pouvoir absolu, que le nouveau commandant
en chef allait exercer désormais sur les navires, dans tous les ports et dans toutes les îles relevant de l'Empire ottoman.
- Le nouvel amiral est chargé de tenir en Méditerranée,
la chrétienté en constant état
d'alerte, avec une flotte composée de 80 vaisseaux et de 8.000 janissaires,
Khayr al-Din
Barberousse ne cessera de ravager les côtes d'Italie, d'Espagne et d'Afrique, incendiant et pillant
villes et villages, massacrant les hommes, emmenant en esclavage femmes et enfants et s'emparant de tout vaisseau à sa portée.
- Avant de rejoindre Constantinople, Barberousse avait désignée son khalifat, Hasssan Agha, ancien renégat Sarde,
comme son successeur de la Régence d’Alger.
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