Le débarquement allié en Afrique du nord française
le 8 Novembre 1942.
L'Imbroglio d'Alger !
Si les Cinq apprenaient une pareille nouvelle, ils seraient sidérés.- Robert Murphy,
agissant sur l'ordre formel de son gouvernement, ne les détrompera qu'au tout dernier moment.
Il faut se rendre à évidence,
les alliés de la France et surtout les Américains, n'ont aucune confiance dans les Français,
à quelque échelon qu'ils se situent, qu'il s'agisse :
- des collaborateurs de Vichy,
- des résistants de Londres,
on se méfie autant de la trahison des uns que des indiscrétions des autres.
Les préparatifs de « Torch »- commencent sous la direction du général Dwight D. Eisenhower,
Il arrive à Londres en Juillet 1942 et s'installe à « Telegraph Cottage »
le quartier général de l’opération Torch dans la campagne anglaise.
- Pendant ce temps,
une laborieuse négociation s'engage entre Murphy, les Cinq et Giraud.
Voici les positions respectives :
- Pour Murphy,
il s'agit de préparer la voie aux troupes américaines,
celles-ci vont débarquer dans un pays inconnu,
doté d'une armée encore puissante qui, si elle s'oppose par la force à l'opération,
risque d'en faire un échec catastrophique.
- Pour les Cinq,
il s'agit d'assurer la participation de la France dans la guerre et
de restaurer du même coup sa souveraineté.
Le général Dwight D. Eisenhower avec le général Marshall.
C'est ainsi que s'écoule l'été 1942,- tout en préparatifs fiévreux, en négociations parallèles, en petites cachotteries.
- Le 10 août, Robert Murphy partit pour Washington.
Il emporte dans ses bagages un long mémorandum de Jean Rigault.
Pour les Cinq et Giraud,
s'ils étaient les seuls interlocuteurs en cause, les choses seraient claires, mais . . . .
- Les hommes de Darlan à Alger sont l'amiral Fenard et son fils Alain.
Alain Darlan arrive en septembre à Alger pour reprendre contact avec Murphy.
- Il n'est pas le seul.
- Au Palais d'Hiver, le général Alphonse Juin,
commandant de l'armée de terre en Afrique du Nord, sent bien que quelque chose se trame,
Il est contraint à la plus grande prudence,
Son jeu est tout en subtilités.
Le général Juin donne le feu vert à son chef de cabinet,
le commandant Dorange pour lui arranger une entrevue avec Robert Murphy.
- Murphy est attendu également par le commandant Chrétien.
Jean Chrétien est chef des services secrets en Afrique du Nord.
Il a informé le général Revers, chef du cabinet militaire de Darlan, de ce qu'il prévoit,
à savoir un débarquement américain en Afrique du Nord.
Revers consulte Darlan,
qui consent à ce que le commandant Chrétien prenne contact en son nom avec Robert Murphy,
bien entendu, il se garde bien de révéler ses propres négociations, par le canal de son fils.
A chaque tournant de l'histoire, l'imbroglio s'épaissit.
- On comprend,
en relisant une telle profession de foi, combien il était difficile de naviguer, en 1942,
dans les eaux troubles de la politique et de la stratégie à Alger.
Tout allait bien !
L'Amérique se disait satisfaite.
Le Président Roosevelt était le deus ex machina de la politique française.
Roosevelt et Churchill ont obligé les protagonistes français à se serrer la main devant les journalistes.
Mais septembre 1942 s'écoule,- et, en dépit de l'attente anxieuse des Cinq, d'Alain Darlan, des commandants Dorange et Chrétien,
et de quelques autres, Robert Murphy ne revient toujours pas de Washington.
Où donc est-il passé ?
Sur l'ordre de Roosevelt,
- Murphy avait alors entamé une tournée de tous les responsables de l’Opération Torch,
il avait pu se rendre compte, combien elle suscitait peu d'enthousiasme.
- Puis, Murphy était parti pour l'Angleterre où l'attendaient
deux jours et une nuit de discussions à « Telegraph Cottage », avec le général Eisenhower.
Des heures de palabres, de confrontations passionnées avec « Ike » et ses collaborateurs.
Pour les militaires, ils découvrent l'Afrique du Nord à travers les yeux de Murphy,
la complexité de la politique française, les positions des officiers français, des représentants de Vichy,
des résistants locaux, des gaullistes, de la population.
Au fur et à mesure- que s'avance la présentation, les traits d'Eisenhower se creusent.
- Jamais il n'eût pensé que la chose fût aussi compliquée, que les risques fussent aussi grands
d'un affrontement entre Américains et Français.
Au moins, lorsque Murphy repartira,- aura-t-il convaincu ses interlocuteurs de
l'importance des concours locaux,
de l'organisation déjà en place.
De son côté, le diplomate,
- découvre à la fois l'énormité des moyens mis en œuvre... et leur insuffisance.
- En mobilisant tout le tonnage disponible,
on parviendra à transporter quelque cent dix mille hommes avec leurs matériels,
alors que pour réussir le débarquement, il en faudrait cinq cent mille !
Mais il faut courir le risque. Staline ne peut plus attendre.
Dans le Caucase nouvelle offensive allemande.
Un Panzer grenadier et un Pz3 à l’attaque dans la zone de Terek et de Malgobek en Septembre 1942.
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