Le débarquement allié en Afrique du nord française
le 8 Novembre 1942.
Les diplomates Américains jouent les noceurs éméchés !
Le léger repas rustique ,
- à peine fini, les discussions reprennent pour finaliser
les derniers points qui restaient encore en suspends, brusquement l'alerte éclate.
- Un des guetteurs chargés de la protection
de la conférence se rabat précipitamment sur la villa.
« Attention, s'écrie-t-il, la police ! »
- Et c'est bien la vérité.
Quelqu'un, voisin ou domestique, intrigué par
les allées et venues mystérieuses à la ferme Teissier,
a alerté le commissaire de police de Cherchell,
croyant à une affaire de contre-bande.
- Les participants à la conférence
se ruent sur les documents qui traînent partout.
- Les Français évacuent en hâte la ferme.
- Les Américains,
par une trappe, passent dans le sous-sol.
Robert Murphy et Knight,- son adjoint, demeurent dans la maison pour accueillir la police.
- La scène est demeurée célèbre dans la petite histoire.
- Couverts par le statut diplomatique,
les deux Américains jouent les noceurs
éméchés, venus faire une bombe discrète
en compagnie de jeunes dames « qui se reposent au premier ».
- Pendant ce temps,
les généraux Clark et Lemnitzer attendent anxieusement dans les ténèbres de la cave.
- Le capitaine Courtney est pris d'une quinte de toux qui va les faire découvrir.
Clark lui fourre un chewing-gum dans la bouche.
L'Anglais, peu familier avec les produits américaines, ne lui trouve aucun goût.
Clark lui avouera plus tard qu'il a mâché le dit chewing-gum toute la matinée.
- Les policiers se retirent avec des excuses.
La police et l’armée allemande en zone occupée en 1942.
La conférence est bel et bien terminée.
- En compagnie de Murphy,
de Teissier, de Karsenty, on attend, avec la nuit, le retour du sous-marin Seraph.
- Mais comme en 1541 pour Charles Quint, l'expédition va s'achever en déroute.
- La mer grossit d'heure en heure.
Lorsque le sous-marin signale sa présence,
les rouleaux déferlent sur la plage.
Impossible de les franchir, il faut attendre.
- Les heures passent, l’aube est proche quand enfin la délégation alliée quitte la plage.
Le retour est si mouvementé que le général Clark laisse dans l'aventure son pantalon,
les visiteurs perdent également leurs armes, une partie de leurs documents et
jusqu'à ce viatique de dollars en pièces d'or que Clark avait apporté en cas de besoin.
Les petits dinghies font naufrage et leurs passagers sont hissés de justesse à bord du submersible
- La mer rejettera le pantalon de Clark que Robert Murphy recueillera pieusement.
Tempête sur le port d’Alger.
Les Français de la conférence de Cherchell- ont regagné Alger avec des sentiments mêlés d'enthousiasme et d'amertume.
- Enthousiasme
en raison de la proximité de la grande aventure qui va remettre,
ils en sont convaincus,
la France dans la guerre.
- Amertume,
non seulement parce qu'ils sont loin d'avoir reçu des Américains
toutes les assurances
qu'ils en attendaient, mais encore à cause de ces réticences, de ces sous-entendus
qui les ont conduits à penser que leurs interlocuteurs ne leur faisaient pas confiance.
Le 24 octobre,- Jacques Lemaigre-Dubreuil part une fois de plus pour la métropole.
Comme Tarbé de Saint-Hardouin, il s'est abstenu de participer à la rencontre,
mais Jean Rigault l'a mis au courant.
Il part pour Lyon afin de rencontrer le général Giraud.
- Il faut prévenir le général que le débarquement aura lieu beaucoup plus tôt que prévu.
- Qu'il aura lieu unique au Maroc et en Algérie à Oran.
- L'entrevue se déroule dans la résidence où s'est installé provisoirement le général Giraud.
- Chose assez surprenante,
le futur chef des armées françaises en Afrique encaisse assez bien le coup.
- Jacques Lemaigre- Dubreuil demande au général de gagner au plus tôt Alger,
mais Giraud hésite !
Le 31 Octobre 1942,
- Lemaigre-Dubreuil regagne Alger, il est aussitôt convoqué par le général Mast.
Celui-ci vient d'apprendre la date du débarquement :
- dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942.
- Avec un débarquement sur les plages algéroises.
- A ce moment,
les Cinq et leurs amis comprennent bien des choses.
- Ils se rendent compte,
que les Américains se sont servis d'eux en leur accordant le
minimum de confiance,
qu'au moment où Clark faisait mine de se laisser fléchir pour un débarquement à Alger,
celui-ci était déjà en cours d'exécution dans sa première phase.
Les navires alliés au large de l'Afrique du Nord en Novembre 1942.
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