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Le Port d'Alger
L’Arlésienne
ou le projet de création du port d’Alger.
Si, fin Janvier 1839, - après la présentation du projet de M. Garella,
les choses semblaient simples, elles commencèrent à se compliquer au deuxième semestre de 1839.
- Une commission mixte fut formée en septembre 1839,
sous la présidence du lieutenant Général Rulhière, pour examiner les projets de MM. Poirel et Garella.
Des évènements de guerre, séparent ses membres avant qu'elle eût terminé ses travaux.
La Darse en 1837
- Octobre 1839 Projet de M. Sander Rang et M. Ferdinand Denis.
Mal grès que les travaux du projet de M. Poirel étaient déjà commencés,
un nouveau projet fut déposé pour modifier celui en cours.
- Prolongement du môle Ottoman, en direction Sud/5°-Est, sur une longueur de 185 mètres.
- A l'extrémité de la ville,
création d'une seconde jetée, partant de la porte Bab-Azzoun et se dirigeant, sur la roche
sous-marine, nommée Al-Gifna, qui lui servira d'appuis, cette roche sera couronnée d'un massif,
surmonté d'une plate-forme, de là, elle remonte dans la direction Nord-Est, 1/4 Nord, de manière
que son extrémité, soit à hauteur de l'autre jetée, en laissant une passe de 120 mètres, la surface
du port serait de 21 hectares.
Ce projet ne fut jamais soumis au Ministre de la guerre.
Sur ce plan figure en rouge le projet de M. Poirel et en bleu le projet de MM. Rang et Denis.
- En Novembre 1839,
l'Amiral de Bougainville, Commandant de la marine, à Alger et rapporteur de la commission mixte,
formée en septembre 1839, remit au gouvernement, une note portant que :
La commission avait décidé, à l'unanimité, qu'il était opportun de changer,
la direction de
la jetée commencée, pour prendre, celle du projet de M. Sander Rang et M. Ferdinand Denis.
- C'est à la suite de ce conflit entre les deux projets,
que le Ministre des travaux publics,
M. Dufaure, décida de nommer un homme d’expérience,
et, M. Ruffeneau de Lile, reçu, le 9 décembre 1839, la mission d'aller à Alger.
La construction du nouveau Môle.
- Après la reconstruction du môle Ottoman, et dès la fin de la campagne de 1838,
on commença l'exécution, du projet de M. Poirel, présenté pour l'agrandissement du port d'Alger,
au moyen, d'un nouveau Môle de 500 mètres de longueur, en prolongement de l'ancien.
- Il devait être construit tout entier,
en blocs de béton de 10 mètres cubes, préparés à terre, et immergés à la mer à toute volée,
comme le sont les blocs naturels dans les jetées à pierre perdues.
- Les blocs de béton avaient tous la même forme, celle d'un prisme rectangulaire,
de 3,40 mètre de longueur, sur 2 mètres de largeur, et 1,50 mètre de hauteur, donnant un cube de 10 mètres,
après déduction des trois rainures laissées sur sa base pour passer les chaines lors du transport.
Plan réalisé par l’ingénieur Poirel en 1840, après son départ.
Sur ce plan figure les 75 mètres du Môle réalisés par M. Poirel,
et en bleue le changement de direction de la futur jetée du Nord.

- Pour se rendre compte de cet ouvrage,
il fallait pour couler quatre de ces blocs de soixante à soixante-dix hommes travaillant pendant
huit heures, ensuite, on les laissait sécher pendant quatre à six jours, on enlevait les quatre panneaux.
- Ainsi mis à nu, le bloc a acquis,
au bout d'un mois ou de deux au plus, une consistance suffisante pour être lancer à la mer.
- Ces blocs ont été transportés :
- soit par terre, sur un chariot à quatre roues basses,
pourvu de deux planches enduites de suif, qui facilitaient la descente du bloc, ce chariot avançait
sur un chemin de fer au moyen d'un petit cabestan mis en mouvement par huit hommes.
Lorsqu'il arrivait au bout du chemin, on lui donnait une légère inclinaison qui suffisait pour que
le bloc, par son propre poids, glisse vers la mer en entrainant avec lui les planches.
Les deux flotteurs, à l'instar des chameaux, dont les Hollandais se servaient.
- Soit par mer, le bloc de béton est descendu dans l'eau,
sur une cale inclinée jusqu'à ce qu'il plonge de 1 mètre à l'avant, on amène un machine composé
de deux flotteurs, entre lesquels il se trouve symétriquement placé, ces flotteurs le saisissent
au moyen de chaines passées en dessous du bloc et le transportent en le maintenant sur l'eau,
à l'instar des chameaux,
dont les Hollandais se servaient, pour alléger les vaisseaux et les faire
passer sur les hauts fonds.
- Les deux systèmes d'immersion
des blocs ont été employés concurremment à la construction du nouveau Môle.
- Lorsque la base en blocs de béton du nouveau Môle d'Alger fut terminée,
le reste du corps de cet ouvrage, dont le couronnement culmine à 6 mètres au-dessus de l'eau,
a été coulé en béton, dans des encaissements qui avaient la forme du profil désiré.
- En arrière du revêtement en blocs de béton, du côté du port,
des quais ont été réalisés, au moyen qu'un simple remblai en moellons ordinaires, établi jusqu'à 5 mètres
au-dessous de l'eau et sur lequel on a élevé un massif en béton immergé dans des caisses-sacs pour former,
les quais que nous avons si souvent emprunté.
L' entrée du port et la jetée de M. Poirel.

L’Arlésienne (suite).
Année 1840. - Pour l’année 1839,
le montant des dépenses engagées, pour la rénovation du port d’Alger a été de 900.000 francs
- En Février 1840, changement de gouvernement,
M. Ruffeneau de Lile, demande au nouveau chef de cabinet, de lui confirmer sa mission à Alger.
- Il part pour Alger, le 9 mars 1840, accompagné de deux collaborateurs,
M. Koolb, ingénieur des ponts et chaussées, et M. Vignon, Capitaine du génie.
- Mais déjà, à cette époque,
tout le monde avait reconnu qu'il fallait créer un port à Alger, même si ce n'est pas un port militaire.
Tout le monde était d'accord,
qu'on pouvait avec un grand avantage prolonger la jetée du môle d'après les procédées de M. Poirel.
- Fin mars 1840, la jetée de M. Poirel avait atteint les 70 mètres.
La pointe du Môle Ottoman.

L' Histoire du Port d'Alger se poursuit sur la page suivante.
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