Les Petits Villages pendant la présence Française en Algérie
Dély - Ibrahim
L’église fut érigée durant l’année 1840 par le génie militaire.
- Le 21 Mars 1841,
l’évêque d’Alger, Antoine Dupuch, la consacra,
la petite histoire aurait pu s’arrêter là, mais, il n’en est rien et le hasard est seul en cause,
mais, les voies du Seigneur sont si impénétrables.
- Voici un fait bien intéressant, qui concerne cette église :
Un des sermons de Saint Augustin, le 280, atteste que, de son temps, on lisait publiquement,
dans l’église d’Afrique, les Actes du martyre de Sainte Perpétue et de Sainte Félicité.
Or cette cérémonie, suspendue depuis plus de deux siècles,
a été reprise le 7 Mars 1842, en vertu d’une ordonnance de l’évêque d’Alger,
dans la jolie église de Dély-Ibrahim, la première que les Français aient bâtie en Afrique.
Une Messe solennelle en musique fut célébrée,
après l’évangile, le Vicaire général d’Alger a donné lecture des actes des Martyres.
Le soir, le curé de la paroisse, a fait à ses paroissiens allemands,
dans leur langue maternelle, l’éloge des deux martyres, leurs patronnes.
L'église du village.
Au fond, la colonne Boutin.
Dans ce village,- une grande partie des fermiers étaient des émigrants du Haut et du Bas Rhin,
aussi le culte est partagé, l’administration y entretient un curé catholique, en même temps,
qu’elle autorise un pasteur protestant à venir chaque dimanche y faire le prêche.
- La petite histoire, nous raconte que les relations,
entre l’évêque Dupuch, et le consistoire protestant d’Alger, n’étaient pas au beau fixe.
Avant 1840, - Déli-Ibrahim, qui était un camp avancé vers la plaine de Staouéli,
a souffert des brigandages exercés par la Arabes, qui ont enlevé bien des colons et des bestiaux.
- Pendant ces temps orageux, il n’était plus possible de cultiver les terres,
et ce n’était qu’en courant de grands dangers que l’on récoltait le foin, avec la création en 1842,
d’un certain nombre de villages intermédiaires, la tranquillité s’est installée.
En 1844,- François Gomot, écrivait dans son
Guide du Voyageur en Algérie :
Déli-Ibrahim, ce village a dépassé toutes les prévisions,
c’est à peine, si l’on peut remarquer les deux maisons-blockaus, bâties par le gouvernement,
et destinées aux colons, tant celles qui ont été construites les surpassent en élégance.
De loin, on n’aperçoit pas, sans attendrissement, le clocher de l’église catholique,
le son des cloches rappelle la France, et les heureux habitants de ce bourg charmant,
nous font oublier un instant l’Afrique et ses déserts, c’est la Patrie.
C'est un chef-lieu d’une commune et une halte très importante, à 10 kilomètres 500 d’Alger,
sur la route de Douéra et de Blida, son territoire est extrêmement fertile, mais il est glaiseux,
et demande à être fumé souvent, on y récolte des céréales et des fourrages de première qualité.
On y trouve plusieurs auberges, notamment celle de « La Grande Halte »
En sortant du territoire de Déli-Ibrahim,
nous entrons dans un pays couvert de broussailles, là, plus de culture, rien que des arbres réduits
à l’état d’arbousiers, ne pouvant croître, et, détruits chaque années par les feux que les Arabes allument.
Dély - Ibrahim
L'entrée du village et la route de Douéra.
Profitant d’un climat,- d’une salubrité parfaite, due à une altitude très élevée, qui varie de 200 à 275 mètres,
les campagnes entourant Dély - Ibrahim, longtemps restées en friche, commencèrent à se couvrirent
de cultures très productives, dont le débouché naturel était les marchés de la ville d’Alger.
Jules Duval,- dans son livre, Algérie, tableaux et statistique de 1859,
nous donne les statistiques officiel de 1851, et nous informe de la situation florissante du village :
- Statistiques officielles de 1851 :
Allée du Bois Descars.
- Constructions :
- 66 maisons d’une valeur de 31.000 fr,
- 10 hangars, 23 écuries ou étables,
7 puits et norias d’une valeur totale de 9.828 fr.
- Bétail :
- 15 chevaux, 10 mulets, 6 ânes, 98 bœufs,
30 vaches, 80 chèvres, 50 moutons, 50 porcs.
- Matériel agricole :
- 25 charrues, 27 voitures, 2 tombereaux.
- Plantation :
- Territoires :
- 252 hectares, défrichement 222 hectares
- Récoltes (1852) :
- Sur 155 hectares cultivés en céréales,
616 hectolitres de blé tendre, 224 d’orge,
40 de seigle, 938 d’avoine, 100 de maïs,
75 de fèves, d’une valeur totale de 21.585 fr.
- En 1839, il y avait 400 âmes et plus de 100 maisons dont quelques unes en pierre.
- En 1854, elle comptait 902 âmes, y conpris celle d’El-Achour,
petit village annexé à la commune,
éloigné de 1 kilomètre 500.
- En 1876, le village de Dély-Ibrahim comptait 962 habitants.
- 512 Francais, 315 Européens et 135 Musulmans.
Jules Duval,- nous précise qu’en 1858, le Maire du Village était M. Mazères,
qui possédait des vignobles remarquables par leurs étendus et leurs produits.
La Mairie du village en 1900.
Le village s’étendait,- les maisons étagées à flanc de coteaux entouraient l’église,
mais, je ne vous parlerai pas, de l’Auberge du bon canard, de l’unique boulangerie, du Café de France,
de l’épicerie, véritable caverne d’Ali Baba, d’autres l’ont écrit avant moi.
- Pour encadrer, les photos de ce premier village de la présence française en Algérie,
j’ai préféré l’insolite, le texte ou le récit,
que l’on découvre par hasard, après avoir suivit,
pendant plusieurs semaines, un fil conducteur.
- Je vais vous parler, de la propriété dans la région d'Alger des années 1832 à 1850.
J’ai toujours entendu dire,
qu’une grande partie des musulmans d’Algérie avaient été spoliés de leurs biens,
certes, les biens de la Régence d’Alger, après le départ du Dey, étaient forcément vacants,
donc, appartenaient aux vainqueurs, mais pour les autres . . . . .
Le récit que je vous propose, va mettre en lumière, une toute autre vérité.
La Mairie du Village en 1958.
La visite du Village de Dély-Ibrahim se poursuit sur la page suivante..
Les Petits villages d'Algérie